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La Confrérie des gardians...

secrets d’une jeunesse éternelle.

mercredi 3 septembre 2003

Antique confrérie, ne peut-on, s’empêcher de dire dès qu’on parle de la Vieille Dame dont on ajoute sans aucun tact, qu’elle est née en 1512. C’est qu’un océan sépare l’association originelle de celle d’aujourd’hui.
Et si l’on parle encore de la Confrérie en 1997, c’est qu’elle correspond toujours au besoin des gardians de s’ériger en corporation.


Le programme distribué (...) pour la fête est frappé des armes de l’ Antico Counfrarié di Gardian de bouvino e roussatino . Du passé on n’a rien renié.

L’histoire de la Confrérie se confond avec celle de l’élevage en Camargue. En 1512, ce sont des considérations militaires qui ont poussé à sa création. Les gardians constituent des recrues de choix pour les armées royales et les pastor nourriguié (ainsi les appelle-t-on) alors souhaitent se fédérer pour résister à un enrôlement arbitraire. Saint Georges, patron des cavaliers et des soldats, attache d’emblée à la Confrérie l’image du bien triomphant du mal. C’est ce symbole que le drapeau reprend très tôt sur fond bleu, puis rouge (couleur conservée lors des restaurations et re-fabrications successives). En outre les trompettes accompagneront les défilés jusqu’au début de notre siècle.

Saint Georges, patron des cavaliers et des soldats

L’association affiche, dans son acte de création, une vocation d’entraide. Ainsi, il est prévu que la cotisation des membres pourvoie aux messes et aux enterrements des confrères, "s’ils sont pauvres". Les fonds sont augmentés plus tard des bénéfices de la vente de biscuits. Les gardians et leur famille les proposent à la ronde, quelques jours avant la fête. De cette vente, il ne reste aujourd’hui que la coutume d’offrir "les pains bénits" aux autorités.

La date de cette manifestation a changé souvent dans l’histoire récente de la Confrérie. Entre autres vicissitudes, l’Antico Counfrarié a survécu à la Révolution. Sous l’Ancien Régime, chaque corps de métier est organisé en confrérie, sous le patronage d’un saint. Les fêtes abandonnées dès 1789 font une timide réapparition sous l’Empire. Rien, pourtant, n’est comme avant. Dans ces associations, les républicains s’opposent aux royalistes, les catholiques aux laïques et le consensus appartient désormais au passé.

A la fin du X1X""’, les confréries de Saint Véran (association des bergers), des Terraillous (ouvriers agricoles) et de Saint-Honoré (boulangers) organisent encore leur fête mais les gardians interrompent les leurs.

De ses origines jusqu’au début du XIXème siècle, la Confrérie a conservé un équilibre que rompt l’avènement du travail mécanique. Un temps affaiblie, elle va retrouver un nouveau souffle avec le Félibrige.
Du taureau, Baroncelli fait l’instrument qui doit permettre au peuple de Provence de conserver son âme face à l’avancée d’un progrès matérialiste et déshumanisant. Lou gardo bèsti se voit bientôt supplanté par des cavaliers d’apparat qui chevauchent souvent dans les villes, portant en croupe des jeunes filles ravissantes.

Le cavalier devient chevalier

Le gardian qui vivait seul dans sa cabane, loin de femme et enfants, a vécu. Inexorablement la course camarguaise s’installe au centre de l’élevage en Camargue. Le cavalier est en train de devenir chevalier, mais il ne le sait pas encore. Le Marquis crée la Nation Gardiane, codifie des jeux gardians qu’il présente comme une tradition perdue. Les hauts cris des historiens n’y feront rien, la tradition ancestrale vient de naître.
Nourrie de ce faste, la fête renaît. Et, curieusement, la constitution de la Nation Gardiane profite à l’Antico Counfrarié.
Les spectacles façonnent une image glorieuse du gardian, mais celui-ci étouffe un peu sous ce vernis qui voudrait gommer l’essence paysanne de la profession. La Confrérie va trouver une de ses raisons d’être actuelle. Elle rattache les gardians à leur histoire. Désormais, Arles accueil, la fête chaque 1er mai. Ce jour-là, dès 9 heures, les gardians se rassemblent sur le boulevard des Lices. S’y joignent les Arlésiennes des groupes folkloriques qui précédent le capitaine et les prieurs* quand le cortège se met en route vers la place du Forum pour le salut à Mistral. S’ensuit la bénédiction des cavaliers devant l’église de La Major.
Jusqu’en 1954, le point d’orgue des réjouissances était la course. Elle se déroulait sur les Lices avant que le développement urbain ne la chasse vers les berges du canal. L’après-midi est maintenant consacrée aux jeux gardians, dans les arènes.
Le succès de la fête n’éclipse pourtant pas son héros : le gardian. L’Antico Counfrarié constitue son jardin secret. Ce clan fermé partage les valeurs que ni le Pastor Nourriguié du temps de François Ier, ni lou gardo bèsti du siècle dernier n’auraient reniées.

Quand le cortège des cavaliers fend la foule chaque année plus nombreuse, le spectacle subjugue qui le découvre, ravit qui le retrouve. Mais si cordiale que soit la fête, le non gardian ne manque pas de ressentir son caractère d’étranger à la Confrérie. L’association a permis aux gardians de garder leur identité, pense-t-on de prime abord. Pourtant, c’est le contraire.
Si l’Antico Counfrarié di Gardian de Sant-Jorge affiche sans rides ses quatre-cent quatre-vingt-cinq ans (et plus !), c’est que ses prieurs et capitaines successifs n’ont jamais perdu l’amour qu’ils ont de la Camargue et des taureaux. Le même que les Pastor Nourriguié éprouvaient déjà et qu’un demi millénaire n’a jamais altéré.


P.-S.

Texte et photos de Michel Lis.
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1 Le 3 mai 2005 à 21:38, par Magali

Quels sont les criteres pour faire partie de la confrerie des gardians ?

Il y a un article sur la Provence du 2 mai qui parle du manque de respect de certains gardians, lors du defilé envers ceux de la confrerie. Voici l’ article :

"Les gardians sont acceuillants : tous acceptent que des amateurs, non adhérents, viennent rejoindre le cortege.
Oui mais il ne faudrait pas oublier le respect et laisser les membres de la confrerie, ceux qui emportent des Arlesiennes -et non des "Mireille"- defiler en tete.
Leur passer devant est un manque de respect."

Que les membres de la conferie passent en tete c’ est normal puisque c’ est leur fete, mais ce qui me gene c’ est le passage au sujet des Arlesiennes et des Mireille.
Le costume en cravate est tout aussi important que celui de l’ Arlesienne et beaucoup de femmes et filles de gardians de l’epoque, vu leurs conditions de vie, ne devaient certainement pas avoir toujours les moyens de se payer un ruban et de ce fait elles portaient le costume en cravate quotidiennement.

Cette phrase, à mon avis, dévalorise un de nos costumes.

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2 Le 24 mai 2008 à 07:17, par Furet

Ont étés Gardienne de Saint-Georges

 Riquette de Baroncelli-Javon
 Germaine Comte
 Marie Rose Flandrin
 Magali Dunant

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3 Le 24 mai 2008 à 07:40, par Furet
pour plus de précisions
 Marie Rose Flandrin 1927-1930
 Frédérique Baroncelli 1930-1937
 Duclos 1937-1941
 Germaine Comte 1941-1947
 Marie Rose Flandrin 1947-1968
 Magali Dunant 1968- ?
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4 Le 24 mai 2008 à 07:43, par Furet
Depuis le 16 octobre 2007, le siège n’est plus au café Malartre en Arles mais 5 rue des Capucins
 parution au JO du 27 octobre 2007
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