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Août en Fête...

lundi 17 août 2009

par Eric , Salvador

Partout, l’été est festif...

En terre de bouvino, ces fêtes ont un accent particulier, une tonalité donnée par le son des sabots des chevaux sur le bitûme, le bout d’une corne qui dépasse...


Partout, l’été est festif...

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Au Cailar

En terre de bouvino, ces fêtes ont un accent particulier, une tonalité donnée par le son des sabots des chevaux sur le bitûme, le bout d’une corne qui dépasse...

Le Cailar, puis Saliers la semaine dernière et Eyguières cette semaine ont donc fêté leur Saint Patron.
Chacune de ces fêtes est unique, la fête du village. Elles sont un événement important dans la vie de la ville, un moyen de rassembler jeunes et moins jeunes. Il n’y a qu’à voir à quel point les ’djeunz’ d’aujourd’hui parlent de leur fête pour s’en convaincre.

Ils se déplacent facilement, sautant de l’une à l’autre en s’invitant dans les fêtes des villages alentour semaine après semaine. Pourtant, pour chacun, la fête de leur village est au dessus. Un lieu dans lequel ils se reconnaissent, ils invitent, sont à la maison, et c’est la fête.

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Au Cailar

Les votes ont des programmes différents d’un endroit à l’autre, Plus "bouvine" ou plus "tradition" ou encore mélant habilement les deux, mais une constance peut être dégagée dans ces terres de cornus. Il existe une journée que tous plébiscitent : la Journée à l’Ancienne, une journée à part, ou plutôt une spécialité Camarguaise.

Antan, la fête s’organisaient autour des taureaux. Tous se retrouvaient dans un pré pour marquer les jeunes anoubles après un bon déjeûner, et on ramenait les taureaux en ville pour une course dans un plan de charrettes, ou on la faisait sur place...

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A Eyguières

Un esprit à part animait ces journées, cette pause faite entre deux travaux des champs, après la fin d’une moisson et le début d’une autre. L’homme moderne finit par oublier le rythme de la terre, pressée dans sa vie moderne. Pourtant disposant de bien plus de loisirs que ses aïeux, il n’a plus le temps de rien. Mon grand-père emmenait mon père pécher à 8kilomètres de la maison après une journée de travail harassante, ensemble ils chassaient dans de gigantesques espaces qui composent aujourd’hui le tarmac de l’aéroport international de Marseille Marignane. Et il y avait du gibier... Une fois, mon père a tiré un coup de fusil dans un vol de grives comme vous ne sauriez l’imaginer... Il en tombait, il en tombait... Tiens d’ailleurs si vous passez dans le coin, mettez un casque, il en tombe encore.

Des histoires... Des histoires de vieux, d’un temps que les moins de 20 ans...
Ces journées à l’ancienne sont un pèlerinage sur les pas de la mémoire de ces jours passés. On met la casquette du grand père, on enfile son gilet, le fichu de la grand mère sur les épaules de cette mère de famille porte à jamais la tâche de sang que le grand père avait fait en enserrant sa belle le soir du bal en 19...

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A Eyguières

Et tous se retrouvent dans un pré, pour un déjeuner. Il est improvisé par chacun au Cailar, chez Ludivine à Saliers, offert par la mairie à Eyguières.

A Eyguières, la manade Agu offre une ferrade. Trois anoubles, choisis soigneusement sont lancés tour à tour pour que les minots puissent avoir leur premier frisson. Il sont pas gros ces biòu, mais ils sont à la dimension des agantaìres. Agés d’une dizaine d’années, ils attendent nombreux et en groupe compact le petits veaux qui arrivent à fond... Leurs yeux pétillent, comme ceux de leurs parents à une encablure de là.

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A Saliers

Dans tous les cas le déjeûner est le départ de l’abrivado qui emmène les biòu à travers les rues de la ville. L’abrivado part du clos de tri et prend les chemins de traverse jusqu’aux arènes. Le Cailar a réussi l’exploit de faire interdire les engins à moteurs, quads en tête (quelle bonne idée). Le vacarme qui a réveillé Alexandre Dumas il y a plus d’un siècle de cela [1] n’était à l’époque dû qu’aux chevaux et taureaux, pas au vroom vroom de ces machins avançant deux mètres devant les chevaux.

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A Saliers

Les choses ont bien changé. Quoiqu’on en dise, les attrapaìres respectent les chevaux et taureaux aujourd’hui plus qu’hier, et les fêtes sont moins teintées d’accidents. Trop de règles ?... Peut être mais trop de monde surtout pour laisser faire n’importe quoi. Si au début du siècle l’échappée d’un taureau l’envoyait dans un champ, aujourd’hui celle ci finit sur une route fréquentée ou dans le jardin d’une villa, au pied des Alpilles....

Signe également de changement, les clefs sont souvent remises au charme de ces dames, donnant à ces parcours une touche féminine qui lui faisait défaut au début du siècle précédent.

Et la fête de continuer...
Apero monumental à Saliers, vin d’honneur à Eyguières, Festival d’Abrivado ou Course de Ligue, ou à l’Avenir selon les lieux, et le programme des jours autour de cette journée dite à l’ancienne.

Quelque soit le programme de la Vote, l’esprit est le même, la fête de famille, en famille. Trois fêtes réussies, et finies...

Aux suivantes, le mois d’août est encore long...


[1] Alexandre Dumas, Impressions de Voyage "Vers une heure du matin, je fus réveillé par un grand bruit qui venait du dehors.Je courus à la fenêtre, et j’aperçus au bout de la rue une masse informe qui venait rapidement au milieu de rumeurs confuses composées de voix d’hommes, de hennissements de chevaux et de mugissements terribles ; c’étaient les taureaux sauvages de la Camargue qui devaient servir au spectacle du lendemain. Ils entraient a Nîmes poursuivis par les conducteurs à cheval, qui, pour les empêcher de s’écarter, couraient de la queue aux flancs, comme font les chiens de berger à l’entour du troupeau. J’appelai aussitôt Jadin, pour qu’il vit celle course étrange ; mais, pendant le temps qu’il mit à se lever, cette troupe d’hommes et d’animaux, auxquels les ténèbres prêtaient une apparence fantastique, était passée comme une vision du sabbat, emportant avec elle ses clameurs et sa poussiére ; de telle que, lorsqu’il vint, il ne trouva plus que la rue vide et silencieuse, à l’exception, dans le lointain, d’une ombre et d’un bruit pareils à ceux d’un escadron de cavalerie qui disparaît."

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