De Chag :
A-n-un enfant que vau pas respondre, se demando :
"Lou cat t’a manja la lengo ?" Le chat t’a mangé la langue ? Se parlo bèn, se ié dis :
"As pas leissa ta lengo au couissin". Tu n’as pas laissé ta langue sur le coussin. Se parlo trop, se ié dira :
"Taiso-te, te demandon pas quand as d’an."... Tais-toi, on ne te demande pas ton âge.
D’aquéu que respond de travès, se remarco :
"lé parlon de cebo e respond d’aiet". On lui parle d’oignons et il répond en parlant d’ails.
D’un maissaire :
| "Parlo coume Sant-Pau : la bouco duberto". | Il parle comme Saint-Paul, la bouche ouverte. |
o bèn :
| "Es lou tambour de Cassis : un sòu pèr lou faire parti, cinq sòu pèr lou faire fini". | C’est le tambour de Cassis un sou pour le faire démarrer et cinq sous pour qu’il arrête. |
Se quaucun lacho uno soutiso, se pòu dire :
"Vau mai entèndre acò que d’èstre sourd". Il vaut mieux entendre ça que d’être sourd.
Se fai de peno pèr si resoun, aquéu que vèn d’èstre maca dira :
"Farié miés de se regarda". Il ferait mieux de se regarder. O bèn se countentara de souspira :
"Tè ! mete acò dins ta pocho em’ un moucadou dessus". Tiens ! Mets ça dans ta poche avec un mouchoir par dessus.
Mai l’autre alor, lou vesènt facha, vendra belèu :
"Quau se pico se fai mau". Qui se pique se fait mal. o bèn :
"Que se grato mounte ié prus".... Qu’il se gratte là où ça le démange.
D’un testard se pòu dire :
"Quand sias neissu pounchu, poudès pas mouri carra". Quand vous êtes né pointu vous ne pouvez pas mourir carré. vo bèn : "
"Aquéu coto pas emé de poumò d’amour".... Celui-là ne s’arrête pas avec des tomates.
D’un lambin se dis :
"Dòu tèms que se viro, tuvarias un ase à cop de figo". Le temps qu’il se retourne vous tueriez un âne à coups de figues.
D’un que cargo un pau trop de croio :
"Se mouco pas dou pèd". Il ne se mouche pas avec le pied. o bèn :
"Es fort emé la lengo." Il est fort avec la langue.
D’un enfant trop creserèu, se dira :
"Ié farien encrèire que li pijoun teton". On lui ferait croire que les pigeons tètent. e, d’un enfant que se mounto lou cop :
"Se t’esquichavon lou nas n’en sourtirié encaro de la". Si on te pressait le nez il en coulerait encore du lait. o bèn :
"Sabès bèn quau t’a fa lou nas." Tu sais bien qui t’a fait le nez.
Se quaucun s’es planta au mitan e vous empacho de passa o de ié vèire, autant lèu vous vèn de ié dire :
"Siés toujour au mitan coume lou dimècre dins la semano". Tu es toujours au milieu comme le mercredi dans la semaine. vo bèn :
"Toun pairo èro pas vitrié." Ton père n’est pas vitrier.
A-n-aquéu que tiro pas la porto darrié éu, se dis :
"Se vèi que siés jamai ana à Paris, sas pas barra la porto".. On voit que tu n’es jamais allé à Paris, tu ne sais pas fermer la porte.
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De Badau :
Une variante pour un bavard :
“Es lou tambourin de Cassis :
cinq sòu pèr coumença e cinq franc pèr cala”.C’est le tambourin de Cassis :
cinq sous pour commencer et cinq francs pour cesser.
Une nouvelle :
“Quau se facho a dos peno :
uno de se facha, l’autre de s’ameisa”.Qui se fâche a deux peines :
une de se fâcher, l’autre de se calmer.A propos de chat, celui-ci bien observé, en parlant d’une fille :
"A leissa ana lou cat au froumage". Elle a laissé aller le chat au fromage. "Aquéu coto pas emé de poumo d’amour." Précisions.
J’ai interrogé lou cabiscòu G. Martello de L’Escolo de Lerin, sa réponse :
« Fau prene lou verbe “couta” que vòu dire : presser, mettre au pied du mur, arrêter ; s’obstiner, résister...Au présent de l’indicatif, “couta” : cote, cotes, coto, coutan, coutas, coton.
“a couta de lou faire” : il s’entête à le faire.
Votre expression peut se traduire ainsi :
"Aquéu coto pas emé de poumo d’amour." “celui là, il ne s’arrête pas avec des tomates.” allusion sans doute à un mauvais chanteur qui continue malgré les tomates du public.
“Es talamen adré, qu’es pervengu à ferra li mousco”. Il est tellement adroit, qu’il est parvenu à ferrer les mouches.. .....................................................................................................................................
De Simbèu :
Voici une expression qui se réfère au jeu de l’arène.
De quelqu’un à qui il était arrivé, par sa faute, une mésaventure dans quelque domaine que ce soit on disait :
"Se i’èro pas ana, Lou biòu l’aurié pas embana". S’il n’y était pas allé le taureau ne l’aurait pas encorné. En voici une autre qui se dit de quelqu’un qui a perdu la partie, qui a échoué dans une confrontation quelconque :
"A pas agu lou blanc dóu pòrri". : il n’a pas eu le blanc du poireau, il a donc eu la partie qui se jette, autrement dit, il a perdu De quelque chose d’insignifiant, on disait :
"Es patacouio tres cop rèn." (c’est trois fois rien)
Quand ère pichounet, ma grand me prenié la man, me toucavo li det lis un après lis àutri e me disié pèr m’amusa lorsque j’étais tout petit, ma grand-mère me prenait la main, touchait mes doigts les uns après les autres et me disait pour m’amuser : "Aquéu vai cerca de l’aigo,
Aquéu fai la soupo,
Aquéu la boulego,
Aquéu la manjo touto...
e en bassacant lou pus pichot :
"E Perindandin pecaire a pus rèn !". E me coutigavo lou clot de la man en disènt : "Guiliguiliguili !"Celui-là va chercher de l’eau,
Celui-là fait la soupe,
Celui-là la remue,
Celui-là la mange toute,
et en secouant l’auriculaire :
"Et Périndandin, peuchère, il n’a plus rien !". Et elle me chatouillait le creux de la main en disant : "Guiliguiliguili !"
Un’autro de ma grand emé ma man une autre de ma grand-mère avec ma main : "Cinq sòu, la vaco, lou biòu, lou pichot vedelet... Guiliguiliguili !." touche la main : cinq sous, la vache, le boeuf, le petit veau... Guiliguiliguili ! De quelqu’un qui perd un peu la raison, qui a l’esprit embrumé on dit :
"Fai coume lis aiet, travaio de la tèsto." il fait comme les aulx, il travaille de la tête A quelqu’un qui se moque de votre couvre chef en vous demandant :
L’as paga lou capèu ?" tu l’as payé le chapeau ? on répond :
"Vo, quaranto sòu, camèu !" oui, quarante sous, chameau ! Quelqu’un qui veut dire qu’il n’est pas si bête que ce qu’on le dit affirmera :
"Siéu pas nascu sus la piboulo !" je ne suis pas né sur le peuplier
De Jean-Marie :
Entendu sur les gradins :
"Pichot, escound tis agassin" Petit, cache, retire tes cors au pied (donc tes pieds) pour faire de la place.
P.-S.
Les premières expressions populaires ont été recueillies par Chag dans le Camargue Magazine n° 156 de décembre 1985.
Aquéu, se se pòu l’apoundre :
“Es talamen adré, qu’es pervengu à ferra li mousco”. Il est tellement adroit, qu’il est parvenu à ferrer les mouches.
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