Reconnue officiellement le 21 janvier 1987 par la Fédération Française de la Course Camarguaise, l’ A.E.T.R.C. est désormais partie prenante aux activités taurines et nous la découvrons par l’intermédiaire de ses responsables :
Georges Navarro, Président,
Françoise Renard, Vice-Présidente,
Rogé Andréo, Secrétaire et
Francis Fassi, Trésorier.
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De gauche à droite : Francis Fassi, trésorier, Françoise Renard, vice-présidente, Roger Andréo, secrétaire, Georges Navarro, président - Ph. Bernard Gourgeon
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Bernard Gourgeon : Quels sont les manadiers qui composent votre association ?
G. Navarro : Je pense qu’il ne faut surtout pas nous considérer comme une association de plus dans le monde de la bouvine, mais plutôt comme la réunion de quelques éleveurs de jeunes manades dont le but est la promotion et la protection des taureaux et vaches de race camargue.
Actuellement nous sommes une douzaine de manadiers au sein de l’A.E.T.R.C. dont Rogé et Bernard Andréo, manade du Ternen à Candillargues, Jo Alliaga éleveur à Laverune, J.P. Chazot éleveur à Narbonne, Francis Fassi et Charly Bertrand manade Caillan à Uzés, Guy Jaussoin manade des Clapières à Vauvert, Jean Claude Legaz de St Jean de Vedas, Alain Lopez éleveur à Assas, D. Porras manade Barron à Valergues, manade Pinedon à St Gilles, Françoise Renard manade Saliérene à Saliers et moi-même Georges Navarro éleveur à Narbonne.
B.G. : Quels sont les critères pour être admis à votre association ?
R. Andréo : Vous savez, on nous taxe souvent de " petits manadiers " mais je pense que ce n’est pas un terme péjoratif si l’on considère qu’avant nous il y avait le petit Larousse et le petit Robert.
Plus sérieusement, je pense que nous sommes avant tout des gens passionnés qui mettons une grande foi dans nos actes. Ce qu’il faut savoir, c’est que nous n’étions pas en conformité avec les statuts de l’association des manadiers présidée par Monsieur M. Mailhan qui demande à ses adhérants d’avoir 50 bêtes marquées à son fer ou 80 bêtes venues de tous horizons.
Comme le disait tout à l’heure Georges Navarro, nous sommes de jeunes éleveurs et quand on sait que l’achat d’une bête varie entre 3.000 et 3.500 francs, il est donc difficile d’avoir rapidement le nombre de bêtes voulu pour entrer à l’association des manadiers. C’est pourquoi nous avons créé l’A.E.T.R.C. où les critères d’admission sont un minimum de 21 bêtes (gros bétail). Nous sommes donc des éleveurs en conformité avec les règlements mais pas avec les règles de l’association des manadiers car nous ne voulions pas rester à l’écart du bouleversement que connaît actuellement la course camarguaise.
Il est évident qu’un manadier ne peut vivre avec 21 bêtes, mais nous pensons qu’il faut tout de même démarrer un jour et qu’avec un minimum de bêtes, ce manadier peut déjà faire quelques courses de nuit et opérer une certaine sélection profitable.
B.G. : Ne pensez-vous pas faire double emploi avec l’association de manadier déjà existante ?
F. Renard : Avant toute chose nous tenons à dire et surtout à préciser que nous ne sommes pas une association concurrente à celle déjà existante, bien au contraire puisque nous nous considérons comme complémentaire.
Pour nous, l’extension de la zone taurine est un avantage pour le taureau et la course camarguaise. C’est pourquoi nous allons favoriser et encourager les courses de nuit pour tester nos produits dans les nombreuse arènes qui existent depuis la Camargue jusqu’à la frontière espagnole.
Si aujourd’hui des manades s’implantent hors berceau, c’est parce que les herbages sont plus intéressants à l’acquisition et autant bénéfiques, alors favorisons cette implantation et développons les activités taurines.
R. Andréo : Ce qu’il faut aussi savoir et c’est très important, c’est que tous nos adhérents ont la licence de la Fédération Française de la Course Camarguaise. Il faut donc pour faire partie de l’A.E.T.R.C., être titulaire de cette licence, adresser une demande d’admission au bureau de l’association, ensuite le bureau désignera une commission d’agrément qui ira visiter la manade postulante. Cette commission fera un rapport et le conseil d’admission acceptera ou pas l’adhésion. D’ores et déjà nous pouvons dire qu’en 1987 aucune demande supplémentaire ne sera acceptée et ce en commun accord avec tous les membres de l’association.
B.G. : Pourquoi limitez-vous déjà les adhésions ?
G. Navarro : Pour plusieurs raisons et tout d’abord parce que nous avons une image de marque à respecter, donc nous ne pouvons pas admettre des manadiers qui ne remplissent pas les conditions d’adhésion.
Ensuite, notre association étant de création récente, nous devons faire face et assumer les risques que nous avons, puis en créant cette association, plus nos résultats seront concrets et plus nous serons crédibles. Tout au vu des parties prenantes de la course camarguaise que chez nos confrères.
D’autre part, nous devons travailler sur de nombreux projets, les éventuels postulants pourront donc nous juger et présenter leur demande d’adhésion durant cette période.
Notre prochaine Assemblée Générale se situe en Novembre 1987 et à ce moment là nous étudierons les éventuelles demandes d’adhésions.
B.G. : Quels sont vos moyens d’existence ?
F. Fassi : Il est évident que toute association ne peut vivre sans aide ou apport de la part de ses adhérents. En ce qui concerne l’A.E.T.R.C., la cotisation annuelle a été fixé à 200 F. pour chaque manade. Le rôle d’un trésorier est également de trouver des solutions pour avoir des finances. C’est pourquoi, nous pensons demander des subventions aux communes, aux départements et à l’état. Nous avons également en projet l’édition d’un fascicule présentant toutes les manades adhérentes à notre association. Ce fascicule sera mis en vente dans quelque temps et nous permettra d’établir nos finances pour réaliser nos projets.
B.G. : Quels sont vos rapports avec les parties prenantes de la course camarguaise ?
R. Andréo : Nous partons du principe qu’il vaut mieux avoir les taureaux dans les arènes que dans les prés, c’est pourquoi nous avons d’excellents rapports avec les écoles taurines, notamment celle de Pérols, qui nous permettent de sortir nos jeunes bestiaux. Les écoles taurines sont pour nous un excellent moyen de sélection pour nos vaches et nos taureaux. Nous avons également de nombreux contacts encourageants de la part des Clubs Taurins.
En ce qui concerne les organisateurs, nous avons également de nombreuses propositions et personnellement j’ai une vache (Baillarguoise) qui a été sélectionnée en première série pour le VIe Trophée des Vaches Cocardières.
En ce qui concerne la F.F.C.C. nous avons été admis en tant que membres et comme toute autre association entrant à la Fédération, nous avons un rôle consultatif pendant 3 ans, ce qui est pour nous une mise à l’épreuve tout à fait logique. Nous n’avons pas de rapports directs avec l’Association des Raseteurs mais beaucoup de ses membres n’hésitent pas à nous aider pour sélectionner nos produits.
B.G. : Que pensez-vous des problèmes affectant les éleveurs ?
G. Navarro : Le problème évident et majeur à l’heure actuelle, est la réduction d’herbage. Ce phénomène ne favorise pas le métier de manadier, c’est pourquoi notre association est favorable à l’extension de la zone d’implantation taurine.
Un autre problème nuisible à la profession de manadier sont les charges que supporte tout éleveur. Je pense qu’il faut établir des contacts avec tous ces gens chargés de fixer les barèmes afin de créer un dialogue pour trouver des solutions positives et réduire ces charges qui anéantissent petit à petit notre métier.
B.G. : Que souhaitez-vous pour 1987 ?
G. Navarro : Je souhaite que soit favorisé le développement de courses hors berceau traditionnel afin que la course camarguaise sensibilise un plus large public.
R. Andréo : Je pense que 1987 sera pour nous une année de test, à nous de prouver que notre association est utile. C’est pourquoi nous ferons tout pour développer son image de marque.
F. Renard : Je pense qu’il faut développer les courses de vaches afin de favoriser la sélection au sein de chaque manade. Quant à l’association, j’espère qu’elle va se développer dans un climat de parfaite entente et surtout d’entraide.
F. Fassi : Notre association a pour but d’aider les manades qui s’installent, nous nous y emploierons pour le mieux. Nous sommes là pour favoriser l’achat de matériel et apporter notre soutien à ces nouveaux manadiers. Pour nous la protection et la promotion des vaches et taureaux de race camarguaise passent par une union solidaire.

