Je pourrais presque commencer d’un "je vous l’avais dit"...
A PSL, les courses valent le détour. Alors que les comptes rendus de course que l’on peut lire à droite ou à gauche laissent apparaître que la qualité du spectacle laisse à désirer, PSL déroge agréablement à la règle. Après la tenue impeccable des jeunes de ligue [1], le programme du toro club Titi Boncoeur proposait dimanche une complète Lautier à l’Avenir.
La course commence à ... 15h30. Petits plus de l’après midi, pour la seconde fois cette saison, le président de course démarre pile à l’heure, et ne dépassera pas le quart d’heure pour l’entracte.
Carmen...
En piste, les gauchers se nomment N Benafitou, B Four, G Feriol, et les droitiers : Estevan, Dumas, Bournel, Deville et Roux.
Dès le premier taureau, le public tremble pour Benafitou qui dérape et est obligé de se coucher devant Chardon. Le taureau est explosif, montre beaucoup d’énergie. La course se met en place doucement, les premières minutes sont comme pour toutes les courses, un peu brouillon, mais cela ne dure pas. Le taureau n’est pas asphyxié, il peut s’exprimer, entendant le disque à deux reprises sur des séries, et une fois pour une action après Four. Bastien Four omniprésent sur l’après midi et qui en sera la locomotive, se servant sur tous les cornus.
Le second à sortir est Diamond. C’est un taureau vif (mais ils le sont tous cette après midi), franc, avec des anticipations splendides. Il prend tout ou presque, et malgré ce, garde sa cocarde plusieurs minutes. A le voir répondre on se dit qu’il va se faire plumer, mais il rentre sa première ficelle à 150 euros. Ses courses sa rapidité et ses trajectoires désarçonnent et sont autant d’armes dont il sait jouer.
Panisse est troisième. Il court beaucoup à sa sortie du toril, chassant tout ce qui bouge en piste. Il empêche les hommes de se placer, mais cela ne dure pas. Raseté proprement, il se calme, colle le cul aux planches et répond volontiers aux cites des blancs. Ses courses sont splendides. A la première ficelle, un tour restant provoque une bourre. L’animal change de dimension, faisant presque regretter qu’il n’ait pas été plus stressé le reste du quart d’heure. Il rentre sa deuxième ficelle en musique.
L’émotion vient après la pause d’un duo formé par Vérone avec Jacques Estevan. Duo qui aurait pu mal tourner, sur un raset long, le taureau taille un short au raseteur qui, déséquilibré, chute lourdement en contrepiste. Estevan est en acier trempé... Le temps de se remettre, de laisser replacer l’animal dans la même position, il repart dans le même raset et cette fois enlève le deuxième gland... Incroyable. Le taureau tricote dur, arrache même le crochet de Deville. Un excellent quart d’heure qui se termine dans la dernière minute avec un Estevan déchainé qui aura fait les deux ficelles.
Eliodor porte la devise des Lautier. Il la mérite amplement, avec des qualités qui sont la marque de fabrique de la manade. Sa vivacité est fantastique. Les séries sont difficiles avec ce taureau, tant ses retournements sont rapides. D’un seul mouvement, il sait se remettre sur ses aplombs pour attendre la reprise. Personne ne peut le surprendre, ses anticipations le mettent à l’abri de rasets approximatifs. Four l’entraine dans une longue course. Pris à la faute, le raseteur traverse une bonne partie de la piste la main sur le frontal, finissant aux planches avec le disque. Feriol aussi est pris en faute, sauvé par Deville qui fait le quite. Feriol qui fera donner Carmen deux fois à Eliodor.
Angelus sera moins sollicité. Il est plus retors, il a du métier. Venant mieux à gauche qu’à droite, à moins que ce ne soit la forme olympique de Bastien Four qui ait donné cette impression, il sait choisir ses courses. Il attend le pas de trop, la faute. Il ne subit pas, il gère. Il rentre ses deux ficelles en musique.
Castellas. Un futur barricadier... Quoi de mieux pour finir l’après midi. Castellas est méchant, et il a du gaz. Il finit volontiers aux planches et prend tout. Il va rentrer ses ficelles, ce qui sera certainement bon pour son moral.
Et les blancs dans tout ca ?
Excellents... Un Bastien Four au dessus du lot, qui va faire le plein :
Cocarde sur Chardon
Coupe Cocarde, cocarde et deuxième gland sur Diamond
Cocarde sur Panisse
Cocarde sur Vérone
Coupe cocarde, cocarde et deuxième ficelle sur Eliodor
Coupe cocarde et deuxième gland sur Angelus
Coupe cocarde, cocarde et deuxième gland sur Castellas.
Infatigable... Mais il n’était pas seul en piste, et au delà de sa prestation, il est juste de saluer Feriol Estevan ou Bournel qui ont eu moins bonne main, mais n’ont pas démérité.
Au final, la présidence accorde un Carmen général, salué par des applaudissements. Le respect des hommes, des taureaux, du Public...
On continue la semaine prochaine ?
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