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’’Lutte antidopage : Des poils à gratter’’

Article écrit par Ronan Folgoas sur http://www.myfreesport.fr/sports

jeudi 10 avril 2008

par Salvador


Pour se soumettre aux contrôles antidopage, les sportifs français remettaient jusqu’à présent un échantillon d’urine ou de sang. Ils devront bientôt se soumettre à des prélèvements de cheveux ou de poils.


Révélations.

Les phanères. Un obscur terme médical derrière lequel se cache la grande famille des poils, des cheveux et des ongles. Une famille, ou plutôt un clan, réputé et apprécié dans le milieu de la police scientifique.
Dès que des circonstances tragiques l’exigent, les phanères sont en effet appelés à la barre pour témoigner et donner des indices sur le passé des victimes. Exemple dans le cas d’un crash d’avion. Dépêchés sur le lieu de l’accident, les experts s’empressent de prélever quelques cheveux sur le cadavre du pilote. Les analyses permettront ensuite de déterminer si le pilote de l’avion était, oui ou non, un consommateur régulier de stupéfiants ou s’il était sous l’emprise de somnifères. Second exemple, tout aussi morbide, un décès suspect.
Là encore, les enquêteurs procèdent à un prélèvement de cheveux, de poils pubiens ou d’ongles afin de déceler une éventuelle présence de poison. Depuis longtemps, donc, la police scientifique sait comment faire parler les indices, elle qui lit dans un cheveu comme dans un livre ouvert.

"Un cheveu pousse en moyenne d’un centimètre par mois, explique le docteur Pascal Kintz, du laboratoire ChemTox, dans la banlieue strasbourgeoise. Prenons l’exemple d’un cheveu de six centimètres de longueur. Une fois prélevé, on le découpe en six parties d’un centimètre. Celle qui est le plus près de la racine nous renseigne sur le passé toxicologique du mois écoulé. Et celle qui est à l’extrémité du cheveu nous permet de remonter six mois en arrière."

Remonter le temps

C’est ce genre de méthodes que l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) s’apprête à utiliser, "dans le courant de l’année 2008" dit-on, pour débusquer les dopés du sport français. Hallucinant ? Pas tant que ça, après tout. En dehors des contrôles antidopage "classiques" (urinaires et sanguins), la loi française prévoit également le recours aux prélèvements capillaires. C’est inscrit noir sur blanc dans la loi Buffet de 1999 et dans la loi Lamour de 2006.

Quand elle verra le jour, cette nouvelle arme doit modifier profondément le visage de la guerre qui oppose tout au long de l’année les sportifs dopés aux autorités antidopage.
"Alors que les contrôles urinaires ou sanguins ne fournissent qu’une photographie des paramètres physiologiques du sportif, un prélèvement de phanère permet de remonter le temps, explique le professeur Michel Rieu, conseiller scientifique de l’AFLD.
- C’est fou la quantité d’informations contenues dans une simple mèche de cheveux. Cet outil supplémentaire n’est pas un luxe quand on connaît la malice et les connaissances scientifiques de certains sportifs et de leur entourage. Ils savent très bien à quelle vitesse sont éliminées les traces de produits dopants dans les urines et le sang. En revanche, dans les phanères, c’est une autre histoire."
Ces fameux phanères pourraient notamment mettre fin à la terrible hypocrisie qui règne autour des Autorisations à usage thérapeutique (AUT).

1.500 € par contrôle

Prenons l’exemple d’un sportif, contrôlé positif aux corticoïdes, connus pour faire reculer la sensation de fatigue. Pour sa défense, il prétend en faire un usage ponctuel afin de soigner une blessure. Il présente une AUT en ce sens. Dit-il (toute) la vérité ?
Un contrôle de cheveux, a posteriori, permettrait peut-être de déceler plusieurs traces d’absorption de cette substance interdite. De cette manière, on apprendrait alors que ce sportif en fait un usage régulier et non ponctuel.
De même pour les drogues dures. Citoyens (presque) comme les autres, certains sportifs développent des addictions à des drogues très "populaires" comme la cocaïne. Face à un contrôle positif, les sportifs brandissent systématiquement la thèse du "dérapage", du simple incident dans un cadre "récréatif". Là encore, leurs explications pourraient voler en éclats grâce à un simple cheveu.

Attention, tout de même. Arme de dissuasion massive potentielle, cette nouvelle méthode de détection du dopage n’est pas pour autant l’arme absolue. EPO, hormones de croissance, insuline, autant de substances totalement indétectables par des contrôles de phanères. Sans parler des transfusions sanguines qui, par définition, ne peuvent être repérées qu’avec des contrôles sanguins.
Le reste est une question d’argent.
A raison de 1.500 € le contrôle, contre 500 € le test urinaire (avec recherche d’EPO), à combien de tests de phanères l’AFLD pourra-t-elle réellement procéder ?
Pas assez, sans doute, pour que les cheveux, les poils et les ongles des sportifs dopés ne puissent plus pousser tranquillement...


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Il y a 3 réaction(s) à l'article "’’Lutte antidopage : Des poils à gratter’’".

1 Le 10 avril 2008 à 15:25, par Revenant

Ne nous étonnons pas de voir de plus en plus de sportifs avec des corps fraichement rasés.

S’arracheront ils les ongles ?

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2 Le 10 avril 2008 à 19:17, par Parigot
Eh Revenant ! Pourquoi tu crois que les taureaux perdent leurs poils au moment où commence la saison des courses ? clinclin A un de ces 4 Gérard !
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3 Le 10 avril 2008 à 19:22, par Revenant

Parigot, C’est pour la prise d’échantillon d’urine dans le toril que celà se complique.

A+



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