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La manade ’’Lou Simbèu’’ de la Calmette,

(ou la réalisation d’un rêve).

lundi 3 décembre 2007

par Salvador

Texte et photos : Cyril DANIEL
.


Dans le triangle Nîmes, Alès, Uzès, en pleine vallée de la Gardonenque et tout proche du petit village de La Calmette, se trouve la manade Lou Simbèu, propriété de Muriel Manse et de son Fils Mickaél Quet qui en assure également le róle de gardian.
également propriétaire du bar de l’Aficion à La Calmette, Muriel nous attend derrière son comptoir avec, en face d’elle, peinte sur le mur une magnifique fresque avec chevaux, taureaux galopant dans un marais et où l’on peut apercevoir les marques des différentes manades locales ainsi qu’un cadre avec des photos de sa manade.
A deux petits kilomètres de là, se trouve la manade ; "voilà ma passion, ma vie, notre vie " nous confie la pelote à I’approche des lieux. Dans le hangar, non loin de là, Mickaél et son amie Emmeline, originaire du Cailar, préparent la remorque pour aller arriber vaches et veaux qui paissent paisiblement devant l’habitation.
Tout à donc commencé pour cette femme originaire de Saint-Just dans l’Hérault en 1999.

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Mai 1999 - Acquisition de la Manade Gilbert Nevot

Passionnée depuis sa plus tendre enfance de par ses origines et racines familiales, puisque déjà toute petite elle suivait son père chez Lhoustau Rouquette, Zuccarelli ou encore Rebuffat, Muriel ne pouvait qu’attraper le virus des biòu. " Je traînais avec mon père dans les fétes de Saint-Nazaire-de-Pézan, Lunel,Vauvert ou encore Le Cailar. De plus, nous avons dans nos ascendants une famille de manadiers, les Montaud Manse. Alors vous voyez, moi et les taureaux, a ne date pas de maintenant". C’est donc en 1999 que le rêve de cette héraultaise est devenu réalité, au mois de mai. "Mon rêve était un jour de gagner au loto pour acheter des taureaux et des chevaux mais sans penser réellement à une manade. Puis, d’une chose à l’autre tu en découles et tu te retrouves à la tête d’une manade. Il faut dire qu’à cette époque j’étais avec Bruno Jullian et cela y a fait pour beaucoup. Quand j’ai appris que Gilbert Nevot vendait sa manade, j’ai alors négocié mon licenciement de la Source Perrier et me suis lancée dans cette aventure, cette formidable aventure ".
Les débuts ne furent pas évidents car " être une femme manadier dans un milieu d’hommes n’est pas chose évidente. J’étais souvent mal vue puis quand on s’aperçoit que l’on fait du travail sérieux les regards, les avis changent. Pour moi, élever des taureaux n’est pas un amusement compte tenu de ce que rapporte une manade ".
Avec comme origines de base Fabre-Mailhan, Joncas et Ribaud, cet élevage aux couleurs Rouge, Jaune,Vert etViolet a tout pour réussir. D’ailleurs, les premières satisfactions vont tomber avec un jeune taureau, un petit quatren baptisé Marin.

Marin - Les premières satisfactions de la manade

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" Acheté par Gilbert Nevot anouble à Patrice Brouillet du Joncas pour faire une ferrade sur le boulevard Jean-Jaurès à Nîmes, c’est par miracle qu’il fut gardé par la suite car tous les autres ont disparu " souligne Mickaél. Essayé dans le bouvaou quelques années plus tard, il a révélé des qualités non négligeables qui ont permis de fonder sur lui de bons espoirs. Ainsi, dès 1999, par connaissances de Muriel et Bruno, Marin va pouvoir faire ses premières armes dans le cadre de la fête de la Saint-Martin à Gallargues-le-Montueux où il a remporté son premier trophée en affichant une belle combativité et extrêmement de bravoure. Par la suite, Marin va effectuer des sorties par le biais de courses organisées par l’A.E.T.C.C,Association " qui, avec une équipe dynamique menée par Françoise Peytavin fait un travail énorme pour nous faciliter la tàche " et à laquelle la manade est affiliée depuis l’année 2000. Malgré ce," nous rencontrons encore des difficultés pour courir, nous avons des taureaux qui sont sûrement aussi bons que ceux qui courent régulièrement. C’est vrai, je le reconnais, que de voir sur l’affiche la manade du Simbèu, pour un organisateur, ça n’apporte pas grand chose. Heureusement que Marin a couru sous le nom de confrères qui me l’ont demandé et, il leur a remporté le prix comme à Roquemaure. Il a également couru à Vauvert, à Lansargues où Pierry Gibert l’avait pris pour la finale de l’école taurine, à Saint-Chaptes, Tarascon ou encore Cavaillon ". Aujourd’hui âgé de dix ans, il est dans les prés à attendre paisiblement les contrats. " Certains manadiers ont voulu nous l’acheter, mais, je n’ai pas voulu le vendre, ce côté sentimental à prévalu sur l’aspect financier ".

Septembre 2000 - Les inondations n’épargnent pas la manade

En arrivant dans les pâturages en bordure du Gardon, alors que Mickaél et Emmeline appellent les taureaux, Muriel se souvient : " Bruno était à Gallician. J’ai alors téléphoné à un amateur pour qu’il vienne me chercher au bar pour m’amener au Gardon afin de voir si les taureaux ne risquaient rien. Il pleuvait énormément, la rivière était grosse mais pas plus qu’un jour de pluie normal. Dans l’après-midi, quand Bruno est rentré nous y sommes retournés. Le Gardon avait monté davantage et par précaution, nous avons mis les bêtes sur des terres plus hautes qui, d’habitude ne prennent pas l’eau. Mais, ce jour la, ce fut exceptionnel, l’ensemble des pâtures a été recouvert par prés de neuf mètres d’eau, on voyait juste le faîtage de la cave coopérative de Dions qui sortait de l’eau. Nous avons perdu vingt trois taureaux sur les trente deux que nous avions, neuf étant restés au Mas pour assurer les contrats des fêtes de Dions et du Grau-du-Roi qui avaient lieu dans la semaine. Parmi ces neuf, nous avons sauvé Marin qui allait courir le vendredi de la fête du Grau-du-Roi. Il ne nous est resté alors plus que les vaches. Il fallait tout recommencer. C’est alors que sans se poser de question on a reconstruit, on est reparti. C’est la passion et l’amour du taureau qui l’a emporté."

Une sélection rigoureuse et orientée expliquée par Mickaél.

" Quand nous sommes arrivés, toutes les vaches étaient mélangées, il n’y avait aucune sélection de faite, les veaux n’étaient même pas démèrés.
Aujourd’hui, la manade Lou Simbèu dispose de quatre vingt hectares pour environ quatre vingt bêtes (trente cinq mâles et trente femelles et une quinzaine de veaux de l’année). Etant malgré les inondations parvenus à garder les origines (la plupart des vaches sont en effet des filles de Marin), l’on peut très vite, d’un simple coup d’œil comme nous l’a fait remarquer Muriel, repérer rien qu’à la morphologie l’origine des bêtes. Celles issues de la sélection Joncas ont des cornes très fines, blanches à la base et noires au bout, alors que telles issues d’Aubanel ou Martini ont de grosses cornes dés la bases, striées et grises. "
"Chez nous, la sélection se pratique en fonction du produit que l’on recherche. Nous nous efforçons de faire naitre deux catégories de taureaux. Des gros pour pouvoir mettre dans les chevaux, c’est pourquoi nous avons pris des étalons à Martini et à Aubanel qui ont des races à grosse carcasse, puis des plus petits pour la course camarguaise. Et là, cette année nous avons eu un étalon qui est le fils d’Apis du Brestalou que nous a prêté Miche ! Barcelo. Nous mettons tel ou tel tau sur telle ou telle vache selon le besoin que l’on a. Donc, depuis les inondations, nous avons redémarré sur de nouvelles bases en privilégiant plutôt le còté course mais sans pour autant négliger le côté abrivado, bandido car, pour nous, petite et jeune manade, elles représentent pour nous une rentrée considérable d’argent ".

Diversification des activités

" Quand ma mère a repris la manade à Gilbert, la seule activité était les abrivado, bandido, encierro et quelques ferrades. Avec Bruno, à qui je dois un grand merci car c’est lui qui m’a tout appris dans le métier, nous avons tout de suite axé notre travail sur les courses. Mais, les amateurs de Gilbert étaient là. Du jour au lendemain, on ne pouvait pas leur dire que l’on ne voulait plus en faire. Il y a que ça qui les intéresse. Prenez tout simplement l’exemple suivant : dernièrement je suis allé mener des taureaux pour l’école de raseteurs de Vauvert. Je me suis retrouvé tout seul avec Olivier Ruiz, supporter inconditionnel de la marque pour aller faire courir ". Etat de fait confirmé par un des amateurs de la manade, Jéròme Bertrand " Dès notre enfance, nous avons été élevés dans ce genre de manifestations, si on voulait monter à cheval on allait chez Pierre Aubanel qui avait un pays tout prés et on montait à cheval".

Reconnaissances et regrets

" La Fédération Franiaise de la Course Camarguaise a pris la sage décision de faire passer à trois manades les courses de protection. Nous pensions que les organisateurs allaient jouer le jeu en ajoutant une petite manade à deux grosses, mais, le résultat est peu convaincant, à tel point que lors d’une dernière réunion des manadiers, certains veulent repasser à deux manades " s’insurge Muriel. " C’est regrettable car cela pourrait permettre à des éleveurs qui possèdent seulement deux bons taureaux de les faire courir, ce n’est pas parce que nous sommes de petites ou jeunes manades que nous n’avons pas de bons taureaux. Par rapport au nombre de bêtes que nous possédons, nous en avons sûrement autant que ceux qui courent tous les week-end mais seulement ils ont un nom, une ancienneté, que nous nous n’avons pas. De plus, il y a eu ces derniers temps une évolution considérable dans la course camarguaise et à mon avis pas dans le bon sens. Regardez dans la piste, on fait de plus en plus pour les hommes au détriment du taureau ; sur les gradins, le public est vieillissant, il y a très peu de jeunesse. A mon époque, sans être âgée je suivais beaucoup les courses de vaches cocardières, il y avait du monde sur les gradins, il y avait de l’enthousiasme et les gens quand ils rentraient chez eux s’étaient régalés ".

Mais, c’est en évoquant ses amis Jean-Paul Fesquet, Pierry Gibert que les plus grands regrets de Muriel se trouvent. En effet, " Jean-Paul ou Pierry auraient un jour voulu raseter ou tourner un de nos taureaux. Hélas la vie ne leur en a pas laissé le temps. Il en va de même pour Olivier (Ruiz) qui attendait la sortie de nos taureaux à Saint-Chaptes au mois de juin pour pouvoir les raseter. Là encore, le sort en a décidé autrement ".

C’est sur ces paroles venues du fonds du cœur et pleines de sincérité que notre rencontre a pris fin. Merci à Muriel, Mickaél et Emmeline pour cette super après midi passée en toute convivialité et simplicité au milieu des taureaux car, c’est bien là que s’est déroulé notre entretien.


P.-S.

Extrait de La Fe di Biòu n°95
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Il y a 1 réaction(s) à l'article "La manade ’’Lou Simbèu’’ de la Calmette,".

1 Le 4 décembre 2007 à 13:47, par Furet

 Merci a toi Cyril qui fait beaucoup pour les vaches et pour tes écrits bien souvent pour les manadiers ayant tout autant de mérite que beaucoup ; mais avec une bien moindre notoriété. Ert surtout lorsqu’il s’agit de mettre en avant une femme de bouvine.
 L’avantage de faire apparaitre ce genre d’article sur le site fédéral c’est que l’on peut y répondre, y annoter des réflections, ce qui ne nous est pas possible si l’article passe sur un support papier.
 Merci a Salvador de nous les ressortir à la lecture.
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