La soirée avait pour thème :
« Le Taureau de Camargue au XXIème siècle ».
En première partie, servant d’avant-propos au débat, projection du film "Emblème".
Je ne suis pas un spécialiste des projections en salle obscure mais je crois que c’est un bel exercice de style pour ceux qui aiment les images solarisées, avec fondus enchaînés et autres exploits techniques.
Tout cela sur fond d’images de notre Camargue qui ne peuvent être, par leur nature, que belles.
Une suite de monologues sentencieux et de citations nous donnent le ton du futur débat : "la course ne va pas bien", "c’était mieux avant". Bon...
Après les 52 minutes de projection, le débat s’instaure. Une table, 6 intervenants
et aux manettes Jean-luc Herleman.
A partir de questions comme :
Quel avenir pour le taureau en Camargue ,
_et
Quelle passion ?
il entraîne avec efficacité les réactions des attablés.
J’ai bien aimé David Messeguer
quand la conversation est venue sur le déficit des jeunes sur le étagères :
"c’est bien d’amener les jeunes dans des écoles taurines mais faire leur éducation du taureau en leur montrant ce qu’est, en pays, la vie du taureau, ce serait mieux."
Magali Saumade
a eu une intervention très remarquée car techniquement recherchée :
"les jeunes dans les écoles c’est bien. Mais c’est l’uniformité dans le raset qu’on leur apprend. J’aimerais, à l’instar des toreros qu’ils apprennent à juger un taureau dès sa sortie. Qu’ils aient conscience des terrains. Qu’ils aient la science du taureau.
Ils ne connaissent pas les taureaux, ils ne nous connaissent pas. Pouvez-vous concevoir, lors d’une course de protection, que les jeunes ne viennent même pas vous saluer en tant que manadier ?".
Je n’ai pu m’empêcher d’applaudir mais j’étais bien seul...
Domynique Azema, d’un calme olympien, sut recadrer le débat quand il le fallut : "Ne nous trompons pas, ce n’est pas le taureau qui disparaitra, c’est la Course."
Elle n’éluda aucune question et sans se départir de son calme, même si on la sentait agacée, elle répondit à toutes les questions, même à celles qui concernanient l’absence de Montvert à la finale....
J’ai aimé Jacky Siméon quand il a dit : "Les jeunes maintenant, ils rasetent comme des fonctionnaires. On dirait qu’ils vont à leur travail."
Nicolas Triol surenchérit en précisant : "En plus, le système des "écuries" de raseteurs qui garantit un nombre d’invitations par saison, n’est pas fait pour les motiver."
Tous allaient dans le même sens : le constat est sévère, il faut changer les choses.
Le pompon à été, tout de même pour Isabelle Marchand avec son "ce n’est pas la course qui est ringarde mais ceux qui s’en occupent !’
Silence dans la salle puis ricanements entendus...
En conclusion je pourrais dire que le constat est unanime : il faut se bouger ! mais je n’ai vu ni aperçu l’embryon d’une action unitaire, d’une action qui rassemble mais, n’est-ce point là une des caractéristiques de ce Monde de la Bouvine ?
"La route est droite mais la pente est raide" disait... je ne sais plus qui.
Merci pour la projection d’un film de qualité , innovant par l’angle de vue pris, la modernité ... Qui mérite de devenir un documentaire emblème de notre région au niveau national.
Quant au débat, animé, riche de certaines interventions, il fut pour moi très intéressant mais n’a pas donné la meme analyse que le commentaire précédent.
Certes novice peut etre , il n’en demeure pas moins que le débat avait pour but d’ouvrir des réflexions et non d’amener des solutions, la fédé n’est elle pas faite pour cela ?
A l’image de Magali Saumade et Isabelle Marchand, à n’en point douter le débat des femmes sera certainement plus incisif et apportera une vision objective et moins consensuelle ! RDV le 26 avec enfin des raseteurs dans le public ?
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