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Finale des As - 1978

Histoire de la Course Camarguaise.

Première publication : 4 octobre 2007
mise en ligne : jeudi 11 octobre 2007

par Salvador

Article écrit et publié par : M. POL

La vingt septième finale du Trophée des As a eu lieu à Nîmes le 8 octobre 1978 par une magnifique vesprée quasi estivale chaude et ensoleillée.


Ce fut une nouvelle fois un record d’affluence pour une course Camarguaise, le vaste amphithéâtre Nîmois ayant rassemblé sur ses gradins millénaires afeciouna assidus venus de tous les coins de la Provence et du Languedoc, touristes et spectateurs d’un jour, pour garnir les arènes jusqu’à leur faîte d’une foule colorée et enthousiaste.

Il est vrai que la finale du TROPHEE DES AS magnifiquement organisée et améliorée depuis de longues années et rassemblant à l’affiche les meilleurs cocardiers et les meilleurs raseteurs de la saison taurine dans une belle ambiance folklorique avec musiques, gardians, tambourinaires, mireilles, arlésiennes, farandoleurs, etc... tout un environnement joyeux de fête populaire devient chaque année davantage l’apothéose de la Course Camarguaise.
Et, quand de plus le temps s’y prête comme cette année, il n’est pas étonnant que cette prestigieuse finale crée un engouement sans égal avec l’ambiance, l’enthousiasme, l’estrambord de nos grandes manifestations taurines camarguaises.

A l’affiche de cette finale 78 du TROPHEE DES AS il Y avait donc :

- LIEUTENANT de Lhousteau Rouquette,
- POKER de Fabre Mailhan,
- CAGOULARD de Guillierme,
- GOYA de Laurent,
- PASCALET de Rebuffat,
- VENTADOUR de Lafont et
- le BIOU D’OR 1978 : RINGO de Blatière
face à tous les as du crochet.

Mais au dernier moment PASCALET de Rebuffat, blessé à une patte fut remplacé par PERNEN de Blatière ce qui ne diminuait en rien la valeur de l’affiche et le public tout à la joie d’assister en masse à cette grande fête taurine accepta bien le changement.
En fait cette affiche ne tint pas toutes ses promesses surtout en première partie.
LIEUTENANT de Lhousteau Rouquette eut certes la redoutable tâche d’accueillir les 35 tenues blanches rassemblées dans la vaste piste des arènes de Nîmes. Ce n’est pas une sinécure et il faut être très solide pour résister et riposter à l’assaut de plus de 30 raseteurs.
Ce fut très dur pour ce taureau et après un bon début, puis un autre bon passage à la 10ème minute, il renonça vite, prit querencia au centre de la piste et ne se défendit plus que par de secs coups de revers qui découragèrent les hommes.
POKER de Fabre-Mailhan subit également l’emprise des tenues blanches jusqu’à l’enlèvement de la cocarde et des glands. Mais aux ficelles il se reprit bien, sut mieux se placer, mieux riposter et mieux se dégager en de judicieux déplacements. Il réussit même de magnifiques séries et enferma Volpellière, Jacky Simeon, Lopez et Chomel. A la dernière minute il défendit sa ficelle fortement primée avec un remarquable brio et souleva les premiers hourrah du .public. Sa fin de course fort brillante lui valut plusieurs fois les honneurs de Carmen.
CAGOULARD de Guillierme fut lui aussi surpris par la grande piste de Nîmes. Il n’eut pas le temps de se reconnaître et de se placer qu’il avait déjà perdu cocarde et glands. Heureusement il profita du temps mort avant que ne s’engage la grande lutte pour les ficelles pour se ressaisir quelque peu mais il ne sut pas trouver un terrain favorable et se contenta de celui où lieutenant avait beaucoup trépigné au centre de la piste. Il réussit certes alors quelques vives ripostes mais rarement dans le style qui fait sa renommée et Carmen ne s’imposait pas à la rentrée.
GOYA de Laurent n’avait plus couru depuis le 15 août. Il apparut en bonne forme et toujours impérial avec cette magnifique prestance qui soulève l’admiration. Et GOYA reste GOYA moins fougueux, moins fantaisiste mais plus cocardier avec toujours un bon placement un remarquable sens du combat et de vigoureuses ripostes qui tiennent les tenues blanches en respect. Jusqu’à mi-course bien travaillé par les hommes il réussit quelques belles séries qui soulevèrent les applaudissements du public, poussa maintes fois jusqu’aux planches et sauta vivement après Lopez et Tognetti. Aux ficelles, il fut moins consenti et se paya un peu de fantaisie avec quelques incursions dans le couloir mais on nota cependant un excellent travail des jeunes Chomel et Tognetti qui lui permirent une bonne fin de course 2 fois honorée par l’air de Carmen et l’ovation à sa rentrée au toril.

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PERNEN de Blatière. Il est toujours difficile de sortir après GOYA alors que les hommes ont dû observer une prudence réserve. Ainsi PERNEN fut-il littéralement assailli par les tenues blanches dès la sonnerie d’attaque. Il flotta alors quelque peu, se déplaçant en tous sens, et ripostant rageusement un peu à tort et à travers mais avec une vaillance exemplaire. Il finit cependant par tirer son épingle du jeu, réussit quelques fusées dangereuses et se souleva au terme de belles poursuites après Barbeyrac (2 fois), Meneghini, Passemard, Tognetti, Gérard. Sa grande combattivité lui valut 4 fois les honneurs de Carmen et les applaudissements du public.
VENTADOUR de Lafont. Biòu d’Or 1977, le petit taureau mais grand cocardier de la fameuse devise verte et rouge, fut le meilleur et de loin de cette finale. Toujours en mouvement mais l’œil aux aguets et toujours bien placé, il ne se laissa jamais submerger et ne subit à aucun moment l’emprise des hommes. Mieux c’est lui qui mena la course à sa guise avec un sens inné du combat et de magnifiques ripostes le plus souvent poussées jusqu’au pourtour cornes pointées vers le raseteur. Il signa ainsi de magnifiques enfermées les plus serrées après Tognetti, Lopez, Gérard, Bailly, Simeon et surtout Chomel (4) qui le consentit énormément en de beaux rasets unanimement appréciés par le public enthousiaste qui d’ailleurs ne lui ménagea pas ses applaudissements et ses encouragements. Grande ovation également au brillant cocardier à sa rentrée au toril au terme d’une course remarquable 5 fois honorée par l’air de Carmen.
RINGO de Blatière Biòu d’Or 1978, désigné avant la finale, il ne fit pas l’unanimité mais étala tout au long de sa course une fougue extraordinaire un gaz terrible qui lui fit passer plus de temps dans le couloir des barrières qu’en piste. Ce taureau qui avait enthousiasmé les afèciouna : tout au long de la .temporada et surtout à Beaucaire le 3 septembre dernier par ses nombreux et puissants coups de barrière ne parvint pas à, se maitriser à Nîmes et à justifier sa réputation et sa récompense. Mais dans les barrières quelle panique et quelles émotions. Des bousculades monstres, des tas de spectateurs empoussiérés, des vêtements déchirés, un imprudent légèrement blessé, une telle animation sur les gradins qu’on en oublia les quelques belles actions en piste notamment après les jeunes Tognetti et Chomel qui furent vraiment les hommes du jour. Naturellement à sa rentrée au toril les avis étaient très partagés mais les profanes, les spectateurs d’un jour s’étaient régalés. Ils reviendront et RINGO fera encore parler de lui. Après l’émotion ce fut le folklore avec la remise des prix en pleine piste en présence des musiques de Vauvert et de Bessèges, de la Pena Chicuelo Il, des Cigalouns Jonquierens, du Cordon Camarguais, du groupe Nemausa Provence, de la Jouvenço Rhodanenco et des gardians de la manade Fabre-Mailhan.
A l’applaudimètre c’est CHOMEL chez les raseteurs et VENTADOUR chez les cocardiers qui furent les grands triomphateurs de cette grande journée taurine qui s’acheva au crépuscule par une vibrante Coupo Santo.

Palmarès du Trophée des As

 
1er prix P. CASTRO 741 points
2ème prix E. Dumas 590 points
3ème prix J.M. Tognetti 365 points
4ème prix J. Passemard 349 points
5ème prix J. Roumajon 291 points
6ème prix J. Simeon 289 points
7ème prix G. Rado 277 points
8ème prix F. Lopez 250 points
 
Prix de la malchance au raseteur J.M. Vallat, blessé.
 
BIOU D’OR 1978 décerné à RINGO de la manade Blatière.
 
Meilleur taureau de la finale 78 : VENTADOUR de la manade J. Lafont.

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