Un Week end inouï a eu lieu à Mouriès à l’occasion de la 35ème Fête des olives vertes. Pendant 2 jours, le village a célébré l’olive cassée, la salonenque. Une célébration sous des formes diverses et variées.
Samedi Matin, un concert pétaradant réveille les habitants. Tacots rutilants et motos anciennes traversent le village avant une promenade dans les Alpilles et un retour en fin de matinée pour le verre de l’amitié. Croisant leur chemin, l’Escolo d’Argenço se met en place. Fil rouge de la journée, le groupe va animer avec bonhommie le parvis de l’église. S’installant comme une famille l’aurait fait il y a un siècle de cela dans un champ d’oliviers, ils vont simuler la cueillette, chanter, rire et danser devant les yeux éblouis de passants qui l’espace d’un instant retrouvent leur regard d’enfant. Ils s’en détournent parfois pour aller flaner le long du cours pour profiter de la foire installée là ou consulter les différentes expositions des artistes et artisans venus.
Le clou de l’après midi est bien entendu le concours de casseur d’olives. A la clé le record d’un martégal, qui l’an dernier a cassé pas moins de 175 salonenques en moins de 3 minutes. Premiers à s’essayer à ce sport, les costumés de Fourques face aux costumées de Mouriès pour un affrontement amical. Passé cette démonstration, le concours verra passer ses différentes catégories. Le record 2006 restant invaincu. Pourtant force est de constater que le coeur y était. Trop peut être, à en juger par la mine déconfite de Mr Caseaux... Pour être utilisable une olive doit être juste fendue. L’enthousiasme aidant, les concurrents ont plus commencé une tapenade qu’un bocal d’olives cassées...
Le jeu a pourtant conquis le public, massé en nombre.
Un joli succès pour cette journée de samedi, mais rien de comparable cependant à la liesse populaire du lendemain. Tout simplement incroyable...
Il faut dire que le programme était alléchant, avec un prestigieux cortège le matin, et une finale l’après midi. Mais comment décrire la foule compacte venue assister aux festivités.
Les cloches sonnent à peine le matin, que l’église est déjà pleine. La messe n’est que dans une demi heure, pourtant...
Dernières à pénétrer dans la nef, les Arlésiennes de l’Atelier du costume de Maillane entrent et irréelles dans leur velet blanc, se placent dans le choeur. Laissons là les pénitents se recueillir... Il faut prendre place sur le parvis avant qu’il n’y ait plus de place. Les gens affluent sans cesse. Les flashs crépitent à la sortie de la messe. Les arlésiennes, Reine d’Arles et Reine du Ruban peinent à se frayer un passage à travers la foule.
Le Chef d’orchestre, Patrice Blanc, court, lui... Tout doit être prêt dans la demi-heure. Un groupe a annoncé un retard, des participants sont mal fagotés, d’autres papotent à une place qu’ils ne devraient pas occuper.
Il est visiblement l’heure pour lui de jouer ce rôle qu’il déteste de garde chiourme. Pour que tout soit parfait, il faut que quelqu’un le fasse, exhorte, gronde, ordonne, place et tienne... Son oeil exercé lui permet rapidement de rétablir la chorégraphie qu’il a choisi. Ce dimanche, Mouriès va assister à une série de Tableaux vivants. A l’annonce des postiers et gardes champêtres, sous la conduite du Réveil Tarasconnais, le temps du costume de Nîmes ouvre le cortège. Les Nîmois sont suivis par les attelages du Pays d’Arles qui transportent avec élégance Nathalie Chay, la XIXème Reine d’Arles, Mme Claudette Ocelli-Sadaillan, majorale du Félibrige en costume vauclusien, Mr Ernest Desloyal, un des fondateurs de cette fête et Mr Loïs Rochette Vice Président du CT Mouriésen.
L’incontournable Ruban de Provence, hymne vivant à l’oeuvre du Peintre Léo Lelée et les amazones de la Confrérie précèdent le tableau exprimant les rites religieux en Provence. Les cigaloun Arlaten, les Amis des tours de Châteaurenard, l’Atelier du Costume de Maillane, le Ruban de Trinquetaille, la roulotte gitane des attelages du pays d’Arles, les gitans du groupe Tata Fina de Beaucaire et la Nacioun donnent tout le panel de la ferveur religieuse de la Camargue.
Après les rites, le travail. Li cacharello d’Eygalières et l’Escolo d’Argenço de Fourques miment la récolte des olives dans la vallée des Baux autrefois. Ils sont suivis par la Famille Cazeau, pour la représentation du pastrage et lei dindouleto dòu Roucas pour la moisson en pays Marseillais.
Deux Lipizans passent. Ils sont attelés à une calèche dans laquelle ont pris place Melles Sara Gibert Marjorie Isouard, demoiselles d’honneur de la Reine d’Arles, Mlle Julia Berizzi, Reine du Ruban et Melle Valène Espigol demoiselle des moulins. La calèche suivante emmène les reines du ruban.
C’est ainsi que commence l’invitation au voyage. Loin du ruban Arlésien, ce cortège rend hommage aux terroirs du pays d’oc. Les premiers sont les plus lointains. Ils viennent de Rodez : L’Escloupeto. Ils sont suivis par la Jouvenço de Montfavet, la respelido Valetenco de La Valette, Nice la belle, Lou Roudelet Felibren de Château-Gombert, la Capoulièro de Martigues, les Fifres de Gémenos, les tambourinaires de la Vallée des Baux et les arlésiennes de Mouriès. Dans ce déluge de couleurs, deux calèches impriment leur Majesté. La première est une calèche des attelages du Pays d’Arles en l’honneur de Mmes Christelle Roggiero-Orial, Claire Martin-Feruglio, Aurélie Racamier-Tiberrio et Mme Marie Sol Sanchez. La seconde représente 12 ans de règne du Pays d’Arles, Carole Bressy-Pérez, Cathy Sautecoeur-Pascal, Sabine Mistral-Carbuccia et Florence Disset respectivement XIV, XV, XVI et XVIIIème reines d’Arles sont emmenées par la calèche de rêve tirée par les six Frisons hollandais de Mr Dubois.
Rien ne se fait bien sûr sans une pena... La Gardounenque termine le défilé accompagnant les cavaliers mouriésens et ceux de la Manade Blanc.
Impressionnant défilé, qui semble ne plus s’arrêter pour la joie de tous. Le long ruban qu’il déroule dans le village se noue hors la vue pour former une ronde sans plus début ni fin sous les crépitements des applaudissements des badauds.
Fin ?...
Pas vraiment. Rien ne semble vouloir s’arrêter ce dimanche. Le parterre ne désemplit pas. Expositions, stands divers tout tourbillonne avant la course aux arènes...
La joie et la peine dans ces arènes.
Présentation et danses de groupes à peine aperçus le matin... on les dirait poursuivant le défilé du matin. Ils ont toujours la même envie, le même sourire, la même envie de danser. Fourques, la Valette, Montfavet, Château-Gombert, Martigues, Eygalières, Rodez, Gémenos, Nice et Vitrolles se succèdent devant des gradins attentifs et médusés. Si la contrepiste bout d’impatience, les gradins rythment des mains ce ballet ininterrompu.
Personne ne réalise le drame qui se déroule à la présidence. Une journée trop riche en émotions pour Mr Passeraud qui s’effondre terrassé par une crise cardiaque.... Et le spectacle continue malgré tout.
Un hommage appuyé pour 2 photographes de renom, Jean Mansuy et Michel Naval, et un metteur en scène timide Patrice Blanc, précède une finale de trophée en apothéose. Hors du fer à cheval mouriésen, les groupes continuent d’enflammer le pavé. Ils dansent encore, et encore et encore...
Une fête comme on en voit peu. Le comité des fêtes et le Club Taurin ont réussi l’exploit extraordinaire de remplir "à bloc" un village et ses arènes sur l’ensemble d’une journée.
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Il est gentil, Furet...
Merci Furet.
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