Logo FFCC
-Actualités
-Calendrier des courses
-Le Classement
-Les Annuaires
-Les répertoires
-La FFCC
-La Course Camarguaise
-La Culture Camarguaise
-Le Vade Mecum
-La Fe di Biòu
-Les Liens
-Espace-Jeunes
-Ecrire un article
-Ligne éditoriale.
-Parlons Bouvine !

Vovo

samedi 28 juillet 2007

par Salvador

VOVO, Biòu de Légende

Source : G. Hugues


Naissance d’un mythe

Août 1943, à l’entrée de Beauvoisin Henri Aubanel mène l’abrivado.
Soudain, un cheval se cabre, désorganise le groupe, revient, reprend sa place. Trop tard ! Une vache est partie. «  C’est Gyptis, lance un gardian.  »
Cela ne fait rien, elle reviendra seule sur la manade. C’est du moins ce que pense Aubanel.
Mais Gypsis est volage, indépendante et elle ne reviendra pas.
Elle est la fille de « la Marseillaise », une pure Camarguaise issue de la manade de Laborde Caumont, à qui d’ailleurs le Marquis avait acheté ses premières bêtes.

Ivre de liberté, Gyptis va divaguer pendant plus de six mois, dans les marais du Scamandre et des Iscles, puis, à l’approche du printemps de 1944, devenue jeune fille, elle rode dans les pâturages du Clamador où paissent les biòu de Casimir Raynaud et à la tête desquels se trouve un magnifique étalon « Provence ».
La légende veut que ce bel étalon se soit battu à mort pour conquérir Gyptis, la fille venue on ne sait d’où. Elle succomba à la tentation et se laissa entraîner par le fier étalon dans les marais des Grands Palus !

Le 25 décembre 1944, un gardian découvre Gyptis léchant son nouveau-né, tandis que, sur une montille, Provence hume l’air qui vient de la mer.
Henri Aubanel vint récupérer la mère et le fils, qu’il offre aussitôt à son plus jeune fils, Pierre, « Vovo » [1]pour les intimes.
C’est en 1946, à l’âge de deux ans, qu’il va faire son entrée dans le monde de la Bouvine. De Montaud Manse a besoin d’un doublen pour compléter une course qu’il doit donner à Saint-Laurent-d’Aigouze et Henri Aubanel lui prête Vovo.

Image JPEG - 44.4 ko

Premières armes

Quinze jours plus tard, il se trouve incorporé avec des pensionnaires de Raynaud à Saint-Geniès-des-Mourgues. Ses premières colères qu’il assouvit contre les planches déchaînent l’enthousiasme de la foule.
Le 20 septembre il est à Mouriès, et c’est le raseteur Simian qui inaugure l’impressionnante série de roustes monumentales qu’il a distribuées tout au long de sa vie de cocardier.
Très beau de forme, Vovo incarne la race du Camargue dans toute sa pureté. Long, un peu bas sur pattes, les cornes courtes en demi-lune, il donne une grande impression de force et de noblesse.

Justin Bonnafoux, bayle d’Henri Aubanel, s’était lié d’amitié avec Paul Laurent qu’il rencontrait souvent dans les courses. En 1944, Aubanel vend vingt vaches et taureaux à Paul Laurent qui était marchand de bestiaux à Beaucaire. Ne possédant pas de pâturages, il laisse cet embryon de manade sur les terres d’Aubanel.
Paul Laurent apprend en 1945 par le grand-père Jalabert, qu’un dénommé Grimaldi vend un domaine près du Sambuc, celui-ci se nomme « Les Marquises ». L’affaire se fait et de ce fait, tout le bétail des deux manades se trouve aux Marquises. Il faut dire que Aubanel avait été chassé des Saintes par les Allemands. Peu après, le cheptel de Laurent s’accroît par des achats chez Lafont, Blatière, Raynaud.

En 1946, la royale Aubanel/Laurent est réputée, avec Montherland, Bernissois, Lebraou, pour Aubanel, et Félibre, Cabussaire, Cabanié pour Laurent. Mais cette association sera de courte durée. La manade Laurent devient importante et les Marquises ne peuvent nourrir les deux élevages. Dès 1947, les deux manades se séparent. Justin Bonnafoux devient bayle de Paul Laurent.

Si la manade Laurent a une bonne assise de par le sang, elle atteint la réussite lorsque, en 1949, H. Aubanel demande à Paul Laurent de prendre Vovo en pension aux Marquises.
Ce jour est à marquer dans l’histoire de la Bouvine, même si les deux hommes l’ignorent encore.
Nous pouvons l’inscrire en lettres d’or car il marque le début d’une ère de plus de trente ans et peut être qu’aucun autre taureau n’apporta autant au monde de la Bouvine, tant par lui-même que par sa descendance.

Une carrière d’exception

C’est le 16 octobre 1949, à Lunel, que Vovo fut présenté pour la première fois par Paul Laurent.
Mais sa véritable carrière débuta le 9 avril 1950 à Lunel encore, incorporé aux Guillaume, Vivarès, Sangar, Caraque et Furet. En plus des 3000 afeciouna, Ciampi, Garric, Giniez, Ruiz, Morand, Bastide, Jean et Lopez, allaient inaugurer la formidable carrière du Biôu en or qu’allait devenir Vovo.

Sa réputation de brutalité était déjà connue, mais il n’avait pas encore franchi la barrière qui sépare le fameux du supérieur, autrement dit du vedettariat, cette auréole qui fait monter sur les gradins autant d’afeciouna que de curieux.

Et c’est sous la grande ovation que Vovo réintégra le toril et qu’il entra du même coup dans la légende, car tant qu’il eut des forces pour se battre, rien ne put jamais l’arrêter.


[1] ANECDOTE : sur son nompar Furet
Pourquoi VOVO, et bien tout simplement la fille du manadier Aubanel, alors toute petite, pour appeler son frère Pierre prononçait ces monosyllabes : VO-VO. et VOVO est devenu en quelque sorte le surnom de Pierre Aubanel.
Henry Aubanel, à qui tout le monde lui disait de changer le nom du taureau, répondait : « Je détestais faire ce que les gens me disaient, je fais le contraire, j’ai laissé le nom de VOVO au taureau, parce que cela sonnait bien et cela me faisait plaisir que le taureau porte le nom de mon fils. »

Afficher les liens au glossaire


1 Le 29 juillet 2007 à 08:11, par Furet
ANECDOTE : sur son nom
 Pourquoi VOVO, et bien tout simplement la fille du manadier Aubanel, alors toute petite pour appeler son frère Pierre prononçait ces monosyllabes : VO-VO. et VOVO est devenu en quelque sorte le surnom de Pierre Aubanel.
 Henry Aubanel à qui tout le monde lui disait de changer le nom du taureau répondait : Je détestais faire ce que les gens me disaient,je fais le contraire, j’ai laissé le nom de VOVO au taureau, parce que cela sonnait bien et cela me faisait plaisir que le taureau porte le nom de mon fils.
[Répondre à ce message]
liste des contributions
6 Le 31 juillet 2007 à 14:21, par Pirouli
Concernant le nom donné au taureau VOVO, j’ai entendu à plusieurs reprises Pierre Aubanel raconter que son père : Henri avait donné 2 veaux à ses fils. Le premier : Folco appela le sien de son prénom (il ne fit pas une grande carrière) et le second à Pierrot. Ce dernier ne sachant comment le nommer dit dubitativement "vo- vo"... Henri dit : " c’est bien un mot d’enfant :" et le taureau fut ainsi baptisé Vovo. Et c’est Paul Laurent qui insista pour que le taureau garde ce nom.
[Répondre à ce message]
liste des contributions
2 Le 29 juillet 2007 à 08:17, par Furet
Une autre source me dit première course a deux ans et demi à St Laurent d’Aigouze en 1947, il aurait fait ce jour là une "course absolument extraordinaire" .
[Répondre à ce message]
liste des contributions
3 Le 29 juillet 2007 à 08:29, par Furet
Le poête saintois P.Serpaggi, dit "lou santen" président du club taurin Camarguais, club fervent supporter du taureau lui a dédié un poême qui se termine ainsi :
 Et lou brave Aubanèu
 Nous a douna VOVO
 A lunèu é me Nime, en Arle et Beaucaire
 VOVO es la terrour dé nosti rasetaïre
 En digne rejetoun
 Di plus grans cocardés
 A souva l’aficioun
 Qué se dépérissié
 D’où foun de la Prouvenço
 Au bou d’où Languedo
 Dins lou plus gran café
 Lou plus picho bistro
 Quand si parlé di Biou
 Se parle de VOVO.
[Répondre à ce message]
liste des contributions
4 Le 30 juillet 2007 à 11:49, par GUYSOU34

Merci Salvador pour cet hommage rendu à ce taureau d’exception. Justement ce matin j’ai photocopié ton article pour un gardian qui m’en parlait comme s’il existait encore. Quand je lui aie dit qu’il y avait un article sur le site de la Fédé en lui proposant de le photocopier, il m’a répondu c’est avec un grand plaisir. Il s’avère qu’il a lui-même trié ce taureau de légende.

Amitiés

[Répondre à ce message]
liste des contributions
5 Le 30 juillet 2007 à 12:48, par Salvador

Petite précison GuySou, l’article n’est pas de moi mais de de "G. Hugues". Moi je n’ai fait que le selectionner au hasard de mes lectures, le mettre en forme et le publier...
Mais tu ne peux t’imaginer le plaisir (et la récompense !) pour moi que represente ton geste d’en avoir parlé et de l’avoir communiqué à cet "ancien" gardian ! Il a du revivre de sacrés moments. T’aurait-il dit si Vovo se laissait trier facilement ?

Mon souhait est de constituer sur ce site, le votre, "une mémoire" avec tout ce que nous savons tous, un petit peu. De le classer et pouvoir en faire un outil qui serve de réfénce.

Alors pour cela, merci !!! bravo :

[Répondre à ce message]
liste des contributions
7 Le 6 août 2007 à 17:21, par Frisé
pour eyragues voici les infos la manade laurent est venu pour la 1er fois le 19 juin 1949 avec sangar, guillaumet,santen,vivarais,le marseillais , ? puis le 18 juin 1950 voila l ordre de course vivares,caraque,vovo,sangar, bernissois ,furet ne l oublions pas justin bonafous le baille gardian de laurent est né a eyragues voila la raison de la venu de laurent a eyragues et de vovo . j ai le compte rendu de la course
10 Le 6 août 2007 à 21:23, par Salvador
N’hésite pas Frisé : si tu peux mettre le compte-rendu, vas-y !
8 Le 6 août 2007 à 19:35, par Furet
Merci Friset pour cette précision, il en faudrait plus pour l’ensemble des articles, c’est ce qui enrichi le site, faire partager son savoir, c’est ma conception de la com !
[Répondre à ce message]
liste des contributions
9 Le 6 août 2007 à 19:44, par Furet
Il me semble que pour la course du 19 juin 1949 à Eyragues, le 6e était Sabaton
[Répondre à ce message]
liste des contributions
11 Le 9 août 2007 à 16:30, par Frisé
pour la course du 19 juin 1949 il y avait 4 razeteurs volle , giniez,simian,rené de fontvielle et le seul tourneur daurat, pour le taureux sabaton il n y figure pas sur le compte rendu ce (c.r est signié de don paco).pour la course du 18 juin 1950 il y avait 23 razeteurs donc voici ceux qui on fait un attribut moran,doulaud d,eyraud, ruiz,labrado,simian,volle, ginoux, tossi,(c.r signié de p.vignon) pour les autres il ne sont pas marqué sur le compte rendu , pour l instant je ne peux vous l envoyer car je n ai pas de scanner merci .mistral gilbert pour vous servir
[Répondre à ce message]
liste des contributions


Partenaires FFCC | Le Vade Mecum | Plan du site | Espace de rédaction | Contacts | S’inscrire comme rédacteur


Site officiel de la Fédération Française de la Course Camarguaise