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Origines : Trophée Taurin et Biòu d’Or

par Alain LABORIEUX

Première publication : 17 mai 2005
mise en ligne : lundi 26 mars 2007

C’est à un Niçois venu vivre à Marseille que le Trophée Taurin et le Biòu d’Or doivent le jour.


Après une existence faite de voyages, Georges Thiel et sa famille se fixèrent à Marseille. Ce jeune homme, natif de Nice et revenu dans le midi, fut alors pigiste au "Petit Marseillais" jusqu’en 1942. Puis, devenu journaliste professionnel, il participa à la rédaction du "Provençal" et en fut bientôt le responsable pour l’édition gardoise.

Ainsi eut-il son premier contact avec la course camarguaise. Il lui parut alors intéressant de mettre en place une rubrique taurine régulière, mais cela -idée nouvelle- dans le cadre d’une compétition se déroulant sur l’ensemble de la saison. Il pensait que l’on pouvait, de cette manière, mieux structurer l’organisation de la course camarguaise.

La direction du "Provençal" décide de patronner ce trophée, mais il paraissait difficile d’organiser une telle affaire depuis Marseille. Alors, on se met à la recherche de personnes compétentes résidant en pays de bouvine. A Beaucaire, on trouve Marius Gardiol, greffier et correspondant de presse, dont chacun a connu la signature de chroniqueur taurin : Mario .
Peu de temps après, Paul Laurent est à son tour contacté. En octobre 1951, les bases du Trophée Taurin sont en place et, dès sa première édition, il va connaître un franc succès.

La saison 1952 se déroule sur 44 courses, dans des arènes de différentes notoriétés, avec toutefois une qualité de spectacle assez irrégulière. Mais, le 5 octobre 1952, pour la finale qui se déroule à Beaucaire, les arènes sont combles. Le tout premier lauréat se nomme Roger Douleau.

Puis, les arènes de Beaucaire étant trop exiguës, on décide que Nîmes et Arles accueilleront alternativement la finale. Dans le même temps, une commission avait été mise sur pied. Charles Triaire, Président de la Section Course Libre de la fédération de ce temps en avait pris la tête. Ce conclave existe toujours et il est chargé de la bonne marche de la compétition, de la cotation des taureaux, de la désignation du Biòu d’Or... Mais cette dernière attribution n’est venue que par la suite.

En effet, au tout début du trophée, seuls les raseteurs recevaient prix et honneurs. Mais, après consultation entre les organisateurs, il fut décidé de décerner une récompense à la meilleure royale de la saison. Cette distinction serait concrétisée par la remise d’un objet d’art, non accompagnée d’un prix en espèces : Le Biòu d’Or.

Le premier récipiendaire en fut Emile Bilhau, en 1954, pour sa course composée de Garri, Poète, Sultan, Carretié, Rousty et Janot.

Pourtant, dès la seconde année, le règlement fut modifié et ce fut à un seul cocardier que le Biòu d’Or fut attribué : Gandar de la manade Blatière fut le premier taureau ainsi récompensé.

Au fil des années, le Trophée Taurin connut bien d’autres changements et remaniements.
D’autre part, les charges étant de plus en plus lourdes, les organisateurs durent faire appel à des sponsors : Ainsi, plusieurs enseignes commerciales furent tour à tour associées à la compétition. Enfin, la fusion avec le Midi Libre lui donna un essor plus grand encore.

Le fait de demander une contribution financière à tous les organisateurs de courses inscrites au Trophée Taurin impliqua aussi plus de rigueur. Mais ce dernier n’échappa pas pour autant aux critiques pour bien des afeciouna, si le classement purement mathématique des raseteurs ne pouvait être sujet à caution, le vote du Biòu d’Or, par contre, suscita -et suscite toujours- bien des récriminations, des suspicions et des attaques.

Il est vrai que certains présentent comme argument majeur le fait que le Biòu d’Or n’est pas celui de tous les afeciouna, même s’ils ne désirent pas, en cela, mettre en doute l’intégrité ou la compétence des votants.

Pour d’autres, principalement de petits organisateurs, le Trophée Taurin draine les raseteurs vers d’autres arènes que les leurs, car il est un moyen de s’assurer de leur présence en piste... Nous nous garderons de commentaires et de développements, mais force est de constater que des compétitions nombreuses et variées ont vu le jour après sa création ; qu’elles soient ou non disputées sur un nombre de courses important. Emulation ou moyen de lutte contre une institution jugée trop envahissante ?

L’exemple du Trophée de l’Aficion Provence Languedoc, créé en 1975 et depuis disparu, fut le résultat du mécontentement de plusieurs clubs organisateurs, après certaines modifications apportées au règlement du Trophée Taurin.

Mais cette compétition a néanmoins confirmé son succès, son prestige et son ampleur tout au long de ses éditions successives. N’en veuillons pour preuve que la saison taurine 1996 : 124 courses furent inscrites au Trophée des As et 208 courses au Trophée de l’Avenir. Les finales connaissent toujours l’affluence et l’estrambord. Le classement des raseteurs fait référence... Et demandez à un manadier quelle est la récompense qu’il apprécierait par-dessus tout pour l’un de ses cocardiers !

PETITES HISTOIRES AUTOUR DU BIOU D’OR

Le Biòu d’Or n’a pas toujours été décerné plusieurs jours à l’avance comme cela se fait aujourd’hui. II fut un temps où le vote se déroulait le jour même de la finale. Et le taureau auquel on venait de décerner le prix sembla quelquefois prendre un malin plaisir à faire mentir les votants. Ainsi, Lebrau de Jean Lafont, qui n’avait pas l’habitude de franchir la contre piste, se mit à le faire pendant tout son quart d’heure de finale, le 13 octobre 1963. A la demande du manadier, ce fut donc Mario qui fut sacré Biòu d’Or cette année-là.

Le 12 octobre 1969, Rami, le grand cocardier de Fabre Mailhan renouvela quelque peu ce contre exploit après une saison très méritoire. Mais lui, il n’en garda pas moins son titre. On se souvient aussi qu’en 1957, Régisseur étant proclamé Biòu d’Or, ses manadiers ne se présentèrent pas en piste pour recevoir les honneurs. Leur motif, au demeurant très avouable, était que, lors du changement de règlement (passant de l’attribution du prix d’une course complète à un seul cocardier), ils possédaient une royale méritant amplement le Biòu d’Or. Aussi se sentirent-ils lésés et ils le firent savoir de cette façon...


P.-S.

Présidents :

Début Fin Nom
1952 1963 Charles Triaire
1964 1991 Yves BOUNIOL
1992 Bernard FESQUET
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