Arènes combles au Grau du Roi ce dimanche, le public est arrivé tôt pour cette course prometteuse.
Fort belle entrée en matière avec Santiago (Blatière), un habitué du rôle de premier. Arrivé en piste très déterminé, il multiplie les grosses actions, pris dans une belle bourre. Je craignais qu’il ne se réserve trop vite, comme il le fait parfois, mais seules les dernières minutes de sa course seront émaillées de quelques refus, au terme d’une très grosse prestation.
Icare (Cuillé) ensuite n’arrivera pas à faire aussi bien. Il court beaucoup, s’évade en contre-piste plusieurs fois, surprenant même un spectateur qui ne devait pas être habitué à ses sauts en travers et l’aura vu de près. Sa course est plaisante, sans plus, on l’a vu meilleur, notamment le 15 août dans la même piste.
Michou (Les Baumelles) était très attendu, et précédé par sa réputatoin naissante. Les raseteurs semblent s’en méfier davantage que des précédents. Le taureau tourne, prenant des rasets au passage, il lui faudra plusieurs minutes pour s’arrêter et se placer à la planche. Il s’engage franchement, et tape fort, dans des coups de barrière de biais, le taureau glissant sur la planche, qui rappellent étonnament ceux de son géniteur.
A la première ficelle, le taureau est bien placé, et se lance sur tous les rasets. Il anticipe, arrive vite et fort, enferme le raseteur et ne se laisse arrêter que par les barrières, rebondit sur les planches pour se jeter sur le raseteur suivant. Extraordinaire, des actions fulgurantes, cinq minutes d’anthologie pendant lesquelles la présidence prime à tour de bras et les raseteurs surmotivés n’arrivent pas à déborder un taureau qui semble inépuisable.
Pourtant à la seconde ficelle, Michou s’est éteint. Peut-être a-t-il déjà tout donné, il devient récalcitrant, et ses gros engagements se font sporadiques. Le public ne lui en tiendra pas rigueur, et l’acclame à sa rentrée au toril.
Palun (Saint Gabriel) sort curieusement quatrième. Le barricadier aux cornes écartées semble bien parti pour répéter sa prestation du mois de juillet à Lunel, mais un énorme coup de barrière sur Allouani le laisse boîteux. Il continuera sa course un ton en dessous, semblant quand même récupérer peu à peu. Encore de grosses actions, mais sans vraiment y croire.
Minos (Lautier) était dans un mauvais jour. Grosse déception, le petit tau aux impressionnantes anticipations n’a pratiquement rien voulu savoir.
Virat (Nicollin) est la seconde grosse vedette de la course, et ses nombreux supporters attendaient beaucoup de sa prestation. Ils seront un peu restés sur leur faim. Le taureau arrive en force et s’engage vigoureusement, mais il hésite à se placer dans cette piste ronde qui paraît moins bien lui convenir que l’ovale de Beaucaire. Il casse deux planches qui ne sont pas remplacées, et ce trou dans la barrière semble le perturber.
Sa prestation va crescendo, et c’est aux ficelles qu’il se révèle vraiment. Allouani survolté lève les deux ficelles, la seconde sur un raset extrêmement engagé, auquel le taureau répond par une enfermée sensationnelle et vient frapper à la barrière le mourre entre les jambes du raseteur. L’osmose est parfaite entre l’homme et l’animal, c’est un pur chef-d’oeuvre !
sous l’oeil de Jean-Pierre Durrieu et Frédéric Durand
Danton (Rouquette) tient plus du rhinocéros que du cocardier. Complètement fou, incapable de tourner, le tau se jette droit sur tout ce qui bouge, avec une brutalité stupéfiante. Et dissuasive, au moins au début, mais les raseteurs se rendent compte qu’ils peuvent facilement lui faire lâcher le raset, et prennent confiance.
Impossible de juger un taureau comme celui-ci, sa course est surtout une explosion de planches.
Une belle course, largement dominée par Sabri Allouani, où Michou a probablement volé la vedette à Virat...
Alors pour finir, un montage d’un raset de Sabri Allouani à Michou :

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