La Finale du trophée des As 2006...
Cette course conclut un marathon de plus de 7 mois. Près de 120 courses courues dans 4 départements.
Le résultat est connu avant même le début de la course. Sabri Allouani ne peut être rejoint en tête.
Lors de cette course, le meilleur taureau de la saison est aussi récompensé. Les votants de ce biòu d’Or ont voté la semaine dernière. Mathis de Lautier est le Biòu d’Or 2006.
Pourquoi se déplacer si tous les jeux sont faits ?
Paradoxe de la course camarguaise, les arènes sont pleines. Aujourd’hui les 15 meilleurs hommes du plateau affrontent les 7 meilleurs taureaux de la saison.
L’ordre de sortie a fait parler, comme toujours. C’est la donnée importante de l’après midi. Chaque taureau a sa place décidée par ses qualités techniques. Un sorteo mal choisi fusille une course...
La course va commencer, mais auparavant, l’équipe de Patrice Blanc a réservé une surprise à la foule. Inattentif, je fouille les gradins à la recherche d’un cliché. En bas, Le chef d’orchestre a commencé son laïus, les enfants sont l’avenir de la Bouvine.
Ici, une photo... Non, des yeux humides. Respect.
Ici aussi ? ... Je me tourne alors vers la piste où des enfants courent et rient.

Le ton est donné avec l’émotion qui se dégage de ce cercle plus habitué à des démonstrations de force que de sensibilité. Une fresque prend forme aux couleurs de la ville et du pays d’Oc, aux accents de jeunesse.
La capelado, en écho au souhait du Président de la FFCC de voir les écoles taurines participer au spectacle sera un message fort de jeunesse.
Les enfants des écoles taurines accueillent les As. Ces as qui donnent la main à une autre génération...
La Course
Canesteu
Première trompette. Le cocardier qui entre en piste a pour nom Canesteu, il appartient à la manade Fabre-Mailhan. Il porte le numéro 537, C’est sa huitième sortie de l’année...
Une longue présentation, mais intéressante. On ne suit pas tous 80 courses l’an...
Et la bagarre s’engage. Comment qualifier autrement ce début de course ? Une cocarde d’or. Le taureau subit, prend une rouste entends-je autour de moi. Cul sous la présidence, il est maté par le désordre qui règne en piste. Le premier raset académique vient à l’annonce des primes sur les ficelles. Il est l’œuvre de Poujol, un autre de Villard, un troisième de Poujol pour la seconde ficelle. C’est dommage, travaillé dans l’art il répond fort. Aujourd’hui, il ne veut plus se lancer. On dirait même à son mouvement de tête qu’il s’est fait mal.
Il sauve sa deuxième ficelle en refusant de sortir de son angle.
Malin de Ribaud
Il court, chasse, et réussit à tenir ses glands 6 minutes. D’un passage après l’autre, une des ficelles cède avant d’être primée. Une seule ficelle à primer donc. Les hommes l’attaquent doucement.
De son coté, le taureau se tanque sous le toril jouant de la tête plus que de sa pointe de vitesse. Il sauve sa ficelle. Sa prestation est honnête finissant moins bien qu’elle n’avait commencé. Il est applaudit à son retour, mais l’entame de Carmen au retour déclenche une protestation du public.
Scamandre de Boch
Le cercle s’élargit. Il est craint, cela se sent. Sabri le connaît, lui. Il sait comment le prendre. Jusqu’alors discret, Il apparaît en jambes. Il coupe la cocarde, mais revient en piste en boitant plus qu’avant le saut. Il fait le premier gland, sur un raset tout aussi pur. Il laisse échapper le 2ème gland, mais fait la cocarde. Il ne reviendra pas en piste après la pause. Une blessure qui se réveille l’empêche de terminer cette finale.
Il aura fait briller le taureau, même si ce dernier n’en avait pas forcément besoin, rentrant ses ficelles sous la musique de Bizet.
Il reste 4 taureaux, tous prétendants sérieux au titre de Biòu d’Or. Fournelet sort le premier. La course désormais change de visage. Le travail en piste va être beaucoup plus réfléchi.
Fournelet de JC Blanc
Fournelet vient mieux à gauche. Flagrant ce jour. Ses anticipations à gauche sont énormes. Mais ce n’est pas pour autant qu’il est plus facile à droite. Le faire démarrer est plus compliqué pour les droitiers, mais tout aussi dangereux. Sabatier en fait les frais. Sa course aurait du être suffisante, quoique juste. Mais il s’embronche. Il ne lui manque rien, un demi-pas. Juste assez pour le taureau. Fournelet le pousse, le plaquant à la barrière, et le reprend de la corne sur 2 trajectoires.
Ses camarades le sortent en courant. La corne est rouge et mouillée. Le chrono est arrêté. Quand il reprend, Hadrien se lance. Le taureau est presque au centre. Il va le prendre pleine piste, dans la longueur. Incroyable, le public semble sauter avec lui au bout de cette interminable course. Les gauchers font une course parfaite. Après Hadrien Poujol, c’est Bari Khaled qui enlève la première ficelle sur longue course. Les Applaudissements sur son retour au toril couvrent la musique de Carmen.
Jeannot du Grand Salan
Il tape plus volontiers que ses prédécesseurs. Peut être parce qu’aujourd’hui il anticipe peu voire pas...
En outre, si sa course à droite st belle, il écœure les gauchers de se lancer. Poujol encore arrive à le tirer une paire de fois. Il reste un cocardier sérieux qui rentre sa deuxième ficelle à 1500 Euros. En musique et sous les applaudissements
Camarina
Le Biòu d’Or 2005 a une revanche à prendre contre ceux qui lui ont préféré Mathis et Fournelet pour le titre 2006. Il est attendu, ovationné à sa sortie. Autant le duo Poujol Fournelet a fait vibrer, autant maintenant c’est au tour de Benjamin Vllard de briller. Il est d’abord bousculé aux planches. Sans mal. Il revient en piste. Il ose encore, juge mal sa course, sent le souffle de Camarina qui le chauffe aux planches. Il se reçoit tant bien que mal en contre piste. Il revient, et ose encore. Pleine piste dans la largeur. Énorme. Peut être est ce raset qui permet au taureau de reprendre l’avantage devant Fournelet, qui sait...
Enfin... 2ème ficelle à 1500 Euros rentrée en musique sous les applaudissements.
Mathis
Le Biòu d’Or 2006. Quelle entrée en piste... L’annonce de son titre au micro déclenche une ovation du public.
Il semble fatigué. En écho, il perd en quelques rasets ses principaux attributs. Puis il reprend du poil de la bête. Fait vibrer le public, propulse Benjamin et brille avec Gleize, ou sur une série énorme où les rasets de Loic , Benjamin puis Fabien font crier la foule...
Une belle course de Mathis, ponctuée par le disque au retour. Il a toujours quelques tours de sa deuxième ficelle.
Et voilà... Le 55ème trophée taurin est fini.

Le héros du jour est Sabri Allouani, champion de France pour la 7ème fois.
Dans l’ordre, il est suivi par
Hadrien Poujol
Alexandre Gleize
Lahcene Outarka
Benjamin Villard
Adil Benafitou
David Sabatier
Frédéric Jockin
Coté Taureaux, la famille Lautier est heureuse. Janine et Bernard sont venus chercher le Biòu d’Or de Mathis.

De son coté la famille Chauvet reçoit une ovation méritée pour la sortie de Camarina, vainqueur de la course du jour.
Dommage pour Loïc Auzolle, l’homme aux trois poumons. Malgré les kilomètres parcourus (mais combien de rasets a-t-il fait ?), il ne figurera pas dans les points ni les honneurs du jour.
Il est des fois où le travail ne paie pas... assez.
:
C’est bien dommage pour se gentil garçon
manu
Bonjour,
Félicitations Eric pour la clarté de ton CR....j’ai vu la même course....Pour moi aussi les biou ne m’ont pas parus au meilleur de leur forme à leur entrée en piste.....Seuls Camarina a su rapidement trouvé ses repères dans ce grand plan Nîmois.... Dommage aussi que notre septuple vainqueur du Trophée des As et du Champoinnat de France n’ait pu assumer jusqu’au bout cette finale....car je suis convaincu qu’il en aurait été autrement sur certains biou !
La fête fût tout de même belle....
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Jacky
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