La finale des courses de protection...
S’il y a une course à ne pas manquer dans l’année, la voilà...
Cette course est l’essence de la course camarguaise. Elle se déroule dans un petit plan, plein à bloc de monde.
Et pas n’importe qui... Tout le gotha du monde de la bouvine s’y retrouve. Des grands noms, des anonymes, tous unis autour du Biòu, se reunissent autour de ce cercle. L’ambiance de cette course est particulière. Les taureaux sont jeunes et les hommes aussi. Tous aujourd’hui ont droit à l’erreur.
C’est peut être cette tolérance qui fait défaut aux courses des autres catégories.
Aux As, voire à l’avenir, on "attend" le taureau ou l’homme au tournant. Il a été mauvais, il fait rien etc...
Ces petites reflexions si bien senties sont propres à plomber l’ambiance, si bonne soit elle. Rien de tel aujourd’hui. Pas un mot ne monte sur le "sorteo" de la course ni sur le choix des tourneurs...
On attend tous la sortie du toril, prêts à vibrer, déjà à moitié levés...
Aucun taureau ne passera à travers aujourd’hui. un lot de bêtes avec des qualités différentes, des méchancetés plus ou moins affutées affronte un groupe d’humains animé d’un excellent esprit.
Alors le public vibre, vit la course. la rumeur enfle parfois. Alors bas, le raseteur accélère certain en entendant celà que la corne est tout près...
Les actions sont ainsi toutes saluées. De la bronca au raset assassin jusqu’aux applaudissements pour une série encaissée sans broncher.
Et les carmen... sont accompagnés par un cri à l’unisson.
La course était belle. Belle aussi grâce à ce public d’afeciouna qui n’a rien perdu de sa Fe di Biòu.
Et la course ?
J’oubliais...
Elle était bien. Impossible de commenter cela.
J’ai vu Sabde poser sa main sur le front d’un biòu, ralentir et le tirer jusqu’aux planches...
J’ai vu Fouque faire un brusque écart pour détourner l’attention du 128 de Fabre-Mailhan. Sabde encore était parti de trop loin et n’aurait pu atteindre les planches. Ce 128 possède des qualités qu’on n’attend pas à cet âge. Un cocardier "trop" sérieux. Des anticipations énormes qui ne lassent de surprendre. Il perd un gland et subit une coupe cocarde. Mais elle restera sur le front malgré les efforts et les 2 derniers carreaux...
J’ai vu un 110 de Blanc méchant. Au point de sauter sans cesse en contre piste à la recherche d’un coup de corne à donner.
J’ai vu un 184 de Guillierme tout aussi dangereux
J’ai vu un 114 du Brestalou avec des anticipations interessantes et un coup de tête retors.
J’ai vu 8 taureaux, des carmen pour chacun, des applaudissements et le disque à chaque rentrée au toril...
Pas possible de rester objectif...
Au final, le 128 de F-Mailhan emporte cette finale.
Les hommes ont tous été récompensés. Il le méritent bien.

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