1- le problème particulier des subventions :
Vincent BAYOL l’a abordé tout à l’heure, mais il très important que je m’y attarde.
Depuis 4 ans, et mes précédents rapports en témoignent, je signale que l’attribution de subventions par les autorités administratives et politiques, nationales ou non, va être de plus en plus encadrée et que la rigueur budgétaire de nos partenaires institutionnels allait se faire sentir : cette fois nous y sommes et il ne nous reste plus qu’à nous appliquer à nous mêmes une rigueur budgétaire et financière identique...(je la réclame depuis longtemps).
Les subventions « généralistes » dites de fonctionnement, disparaissent au profit de subventions « affectées » dont l’utilisation doit être justifiée en quantité et en qualité comme étant conformes à l’objet pour lequel elles ont été attribuées.
Il ne peut plus y avoir de « passerelles » entre les budgets, les postes et les subventions ; dorénavant elles sont elles sont réduites en valeur et attachées à une ou des « actions » précises.
Un contrôle - tout aussi précis - de leur utilisation sera fait ; les carences seront sanctionnées par la restitution des dites subventions et la perte de celles à venir....
Enfin, certaines pratiques administratives viennent encore pénaliser les finances fédérales lorsque le suivi des subventions promises n’est pas assuré très attentivement : les subventions promises par écrit ne sont payées que plusieurs mois après et parfois même purement et simplement supprimées alors même que le trésorier avait engagé les dépenses correspondantes ( exemple des tenues vestimentaires des écoles ).
2- Analyse de la gestion financière et propositions de solutions :
* Analyse :
j’ai fait des mises en garde à ce sujet depuis plusieurs années.
Dans la mesure où la FFCC s’est fixé un programme d’action ambitieux et justifié, elle doit se doter d’une certaine autonomie financière ; or, la structure financière du budget fédéral n’est pas solide et encore trop dépendante des apports extérieurs, notamment des subventions.
Il y a eu une nette amélioration du volume de nos ressources propres en 2003 et même en 2004 ; le chiffre de 77% de ressources propres avait été atteint, malheureusement il est retombé à 74% en 2005. Ceci signifie que plus de 25% de nos ressources provient de subventions ; certes, il ne s’agit pas de les rejeter mais il faut les conforter par des moyens financiers propres car on sait maintenant ce que deviennent les subventions.
La gestion de l’année 2004 s’est traduite par un déficit de 22 000E et celle de 2005 par un nouveau déficit de 27 000E.
Ces deux gestions ont sérieusement entamé les réserves que l’année 2003 avait permis de constituer ; à ce jour, il ne nous reste même plus de quoi combler un déficit comme celui de 2004.
La gestion fédérale souffre donc d’un déficit certain de trésorerie, mais elle souffre surtout d’un manque évident de rigueur, non pas dans le contrôle des dépenses (on l’a vu) mais dans le contrôle et la maîtrise de ses ressources propres.
Un commissaire aux comptes, devant cette situation qui était prévisible, doit sérieusement tirer la sonnette d’alarme ; il n’en n’est pas encore à déclencher ce que les commissaires aux comptes appellent une « procédure d’alerte » mais il doit signaler la situation critique qu’il constate et qui pourrait (faut-il le rappeler ? ) conduire à la mise en cause du Président et du Trésorier.
* des solutions possibles :
La FFCC n’est pas un bureau d’aide sociale et encore moins un organisme de bienfaisance ; c’est une fédération sportive qui a pour vocation de promouvoir les traditions camarguaises et d’en assurer la pérennité. Pour cela elle doit :
maîtriser les dépenses qu’elle met en oeuvre dans ce but
rechercher des recettes qu’elle doit répartir équitablement
assurer équitablement le recouvrement de ces dernières.
Pour augmenter et surtout conforter la part des ressources propres ( puisque, je le répète, les dépenses sont relativement maîtrisées) la FFCC peut explorer trois pistes : au niveau des manifestations qu’elle organise, au niveau des cotisations et enfin au niveau de la contribution fédérale.
— 1- il y a lieu d’apporter un soin attentif aux manifestations que la FFCC organise et dont elle a l’entière maîtrise.
Le trésorier a signalé que deux manifestations organisées en 2005 avait connu des fortunes malheureuses, je partage son point de vue ; il faudra , pour la finale des courses de protection établir un cahier des charges solide et s’y tenir et pour la soirée « PRESTIGE » veiller à mieux cerner la date, le lieu et les prestations offertes.
— 2- S’agissant des cotisations, que l’on peut toujours augmenter bien sûr, il faudra -je pense- et en priorité mettre en oeuvre des mesures visant à en accélérer le recouvrement ; j’en ai déjà évoqué une qu’il faudra tester le plus rapidement possible.
— 3- S’agissant de la contribution fédérale, force est de constater qu’elle ne rapporte pas ce qu’elle devrait rapporter ; il faut impérativement redresser la barre.
Une première mesure a été votée par les assemblées départementales qui consiste à en augmenter la tarification ; mais cette mesure restera peu efficace si elle n’est pas assortie d’un contrôle sérieux et régulier de son calcul (ce n’est pas la première fois que je le dis).
J’en viens donc à évoquer les mesures à mettre en place dans cette optique : il y a deux ans j’avais suggéré la possibilité de contrôler le calcul de cette contribution versée par les organisateurs de courses (clubs, régies municipales, sociétés de droit privé..) et, l’an dernier j’avais proposé la mise en place d’une billetterie fédérale .
Ces deux propositions ont reçu un accueil assez favorable de la part de nombreux organisateurs qui sont venus personnellement me le faire savoir. Par contre, je sais aussi, qu’un certain nombre d’entre eux s’y sont opposés et que c’est cette dernière position qui a prévalu. La situation financière fédérale me semble démontrer que je n’avais pas complètement tort...
Ce n’est pas en refusant de voir les difficultés en face qu’on va les résoudre, et le rôle du commissaire aux comptes est de dire objectivement ce qui va et ce qui ne va pas.
Ceci dit les comptes de la FFCC sont bien tenus et vous pouvez donner quitus de sa gestion au trésorier Vincent BAYOL.
En ce qui me concerne, voici bientôt 10 ans que j’assume cette fonction de commissaire aux comptes ; j’y ai mis une certaine passion et j’y ai consacré beaucoup de temps.
En début de mandat il me semble que les observations que je faisais étaient suivies d’effet. Depuis deux ans, je n’ai plus la même impression : sans doute l’usure du temps et le poids des habitudes.
Les recommandations d’un commissaire aux comptes qui fait correctement son travail - et j’espère que cela a été mon cas - ne sont jamais innocentes.
Si elles ne sont pas convaincantes alors il doit se démettre et c’est très certainement ce que je ferai dans les prochains jours en vous remerciant très sincèrement d’avoir toujours fait l’effort d’écouter mes interventions.
Olivier STEIN

