Alain Foucaran , Président de la course aux As du mardi 16 août 2005 à Mauguio, explique sa décision :
"" Ce mardi, pour le Souvenir MANU et JOSE, aprés 7 mn de course, j’ai pris la décision de faire réintégrer le toril au taureau Jupiter de la Manade Fabre-Mailhan.
Dans le feu de l’action, j’ai pris cette décision, rapide, dans l’unique but de préserver la qualité du spectacle et par respect des 2000 spectateurs présents dans les arènes.
À tête reposée, ma décision me paraît juste et opportune car, au vu de la première partie de course, il était de ma responsabilité :
d’assurer la continuité de la qualité du spectacle,
de préserver ce taureau, manifestement dans un « jour sans », des "sifflets" et autres "noms d’oiseaux " ,
d’éviter au manadier les quolibets et les lazzi de la foule d’afeciouna mécontents.
Par contre, j’ai certainement commis une erreur dans la forme et je tiens donc à présenter mes plus sincères excuses à Pascal et Jacques Mailhan. ""
Faisant partie du public lors de cette course à Mauguio , j’ ai apprécié la pédagogie et la fermeté de mr Foucaran .
Son rappel à l’ ordre des tourneurs fut sans appel et efficace .
Son explication sur le non respect du public qui n’ assiste pas à la remise des prix fut claire et à propos .
Quant à la decision de rentrer Jupiter , elle fut claire pour les afeciouna presents ( taureau pas en forme ce jour là ) et elle ne mettait pas le manadier en cause .
J’ admets que pour la forme , il aurait été judicieux d’ en parler au propriétaire avant , mais l’ erreur dans l’ action est humaine et il n’ y a que ceux qui n’ agissent pas qui n’ en commettent pas !
Alain,
connaissant ton intelligence et ta passion, j’espère vivement que ta réaction lors de cette course n’est qu’un moment d’égarement, du au surmenage, à la pression, à l’énervement, à ce que tu voudras.
La mauvaise prestation d’un taureau ne devrait être, dans l’ordre des choses, qu’imputable à l’organisateur, c’est à dire au "loueur" du taureau en question, et pas au manadier qui n’y est pour rien et qui lui, a rempli son contrat en amenant le taureau qu’on lui a demandé.
C’est pourtant bien lui qui a subi un affront en public car il s’agit bien de cela.
Vouloir assurer un spectacle de qualité du début à la fin est une utopie et quelque peu prétentieux car c’est bien à des êtres vivants qu’on a à faire dans ce jeu et non à des machines préréglées ou des animaux dressés.
Les taureaux sont bien comme les humains, avec des jours sans et des humeurs.
Les "vrais" afeciouna savent cela et le respectent. C’est aussi cela qui fait l’intérêt de la tauromachie : l’imprévu, la spontanéité, la surprise, qu’elle soit bonne ou mauvaise. Un grand taureau qui passe à travers, un inconnu qui fait se lever les gradins...
Gardons cela le plus longtemps possible.
Ne rentrons surtout pas dans ce genre de censure purement subjective. Car à ce moment-là, il faudra faire aussi sortir les raseteurs qui promènent leur crochet tout l’après-midi (crois moi, il y en a !) et ainsi de suite.
Un taureau passe à travers dans ta course ?
Et puis après ?
ça ne sera pas le premier ni le dernier. Mais laissons lui son temps réglementaire, la possibilité pour lui de s’améliorer (ça s’est vu) ou de "s’enfoncer". Les connaisseurs et les chroniqueurs se chargeront de sa publicité et contrairement à ce que tu penses, même s’il y a quelques secondes naturelles de sifflets le temps de la rentrée, je n’ai jamais vu de manadiers ou gardians se faire insulter pour un mauvais taureau (et des courses, j’en vois !)
C’est connaître bien mal les afeciouna et les prendre pour des sauvages qu’ils ne sont pas.
Enfin, n’oublions jamais que dans notre tradition, le taureau est roi, c’est lui qu’on vénère et qui doit passer en premier. Quoi qu’il fasse, quoi qu’on en fasse.
Respectons toujours celui sans qui, nous afeciouna, n’existerions pas.
J’apprécie énormément le ton mesuré de ces quelques lignes, sincères, argumentées et sorties avec le "ventre". C’est effectivement une autre vision que j’intègre. J’en ai pris note. Merci
Alain
Bonjour ,
Je pense que l’essentiel a été écrit sur le sujet . Une chose est sure c’est que dorénavant le rôle d’un président de course doit avoir ses propres limites. Cette "affaire" a elle seule est bien la preuve qu’il faut des présidents de course certes forts mais également très bien formés pour affronter les quelques rares situations délicates de notre course camarguaise .
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