Le choix des bioù, l’ordre de sortie, l’encocardement, sont autant d’éléments qui peuvent conduire au succès, au prestige de la course, ou inversement à son échec.
Autant dire que pour l’éleveur, l’enjeu est de taille, dans la mesure où sa royale représente le joyau de sa devise.
Dans ce contexte, la Fe di Bioù était présente en ce dimanche, tôt le matin aux Marquises pour assister aux préparatifs de la Royale de Laurent qui devait se produire l’après-midi dans les arènes de Châteaurenard.
Les chevaux attrapés et sellés, les gardians de la manade au grand complet gagnent les prés pour "accamper" l’ensemble des taureaux dans le calme et chacun à son poste.
Les bêtes sont alors dirigées vers le clos de tri tandis que les gardians "applantent" la manade.
Patrick Laurent sépare chaque cocardier au pas, quelque fois même à la voix. Une fois "amaillés" au simbeù Cetori, les bioù se dirigent vers le char pour l’embarquement.
A cet instant, ces derniers semblent déjà deviner qu’ils sont destinés aux arènes.
En toute confiance, les six bioù se laissent encocarder, à l’exception du jeune Sismo, plus nerveux que ses congénères. Ce délicat travail d’encocardement achevé, les discussions vont bon train sur la course de l’après-midi.
Angoïsse d’avant course...
"On parle, on parle, mais au fond le stress est là, souligne Henri Laurent. Dans l’ensemble, Chateaurenard est une piste qui convient bien aux taureaux et en particulier aux Laurent. De là à présager de leur comportement cet après-midi !
C’est sûr, selon les pistes on est plus où moins inquiets, mais quoi qu’il en soit, à partir du moment où on présente un taureau, en protection, à l Avenir ou aux As, on ne souhaite jamais qu’il rate sa course il en va de l’honneur du manadier. "
Patrick se montre moins inquiet que lors de la première sortie de la royale à Beaucaire qui est, il faut bien le reconnaître, une piste plus difficile.
La blessure d’une bête est le souci principal du manadier.
Aujourd’hui, bon nombre de taureaux sont les victimes de la maladresse de certains raseteurs, qui ne regardent pas toujours où ils posent la main. Dans ces conditions, l’accident peut arriver à tout moment. D’autant que les crochets sont devenus de véritables rasoirs et rendent toute maladresse fatale pour l’œil de l’animal.
A ce sujet, Henri Laurent rappelle qu’autrefois les raseteurs s’appuyaient sur la tête des taureaux. Ainsi, si le crochet glissait sur le frontal le taureau pouvait encore se protéger en fermant l’œil.
Aujourd’hui la manière de mettre la main a changé, le geste est plus développé, ce qui entraîne quelquefois des blessures au niveau de l’oeil du taureau.
« Il n’était pas nécessaire de transformer les crochets en rasoirs. Il aurait fallu demander à Volle en son temps ou à Ménègue aujourd’hui avec quel crochet il ont remporté la Cocarde d’Or !"
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