Alexandre le valeureux !
Les préliminaires, Alexandre Gleize les a connus en « coup de vent » pourrait-on dire. En deux ans, il passe par l’école taurine, les protections et l’Avenir. En effet, il décide de s’inscrire à l’école de raseteurs d’Arles en août 1999. Dès mars 2000, il devient protectionnaire, pas pour longtemps puisque six mois plus tard, il accède
au Trophée de l’Avenir. Et maintenant, après avoir réalisé une bonne saison à ce niveau, il veut tenter sa chance aux As pour la temporade 2002. Quelle évolution !
Une saison bien remplie
Né le premier août 1981, Alexandre s’avoue amplement satisfait de sa saison. Et pour cause, au début de la tempourada, il voulait se classer parmi les dix premiers. Résultat en octobre, il s’adjuge la première place, ce qu’il n’aurait jamais imaginé. La lutte a été dure et il avoue que jusqu’au moment du sacrement lors de la finale, il ignorait s’il conserverait cette place de leader car comme il le dit avec lucidité "Rien n’est jamais acquis".
En faisant une rétrospective de la saison, le droitier a remporté une trentaine de trophées parmi lesquels le Gland d’Or à Montfrin (en compétition avec Hadrien Poujol), la Cerise d’Or à Remoulins (en concurrence avec Fabien Bouchet) et la Coupe des Espoirs à Châteaurenard...
Se distinguer des autres
Pour lui, les taureaux sont une passion. Peu importe en face duquel il se trouve, raseter c’est son plaisir. Toutefois, il dit avoir un penchant pour les bioùs qui anticipent ’J’éprouve davantage de plaisir à les raseter". Partant du principe qu’un taureau difficile est peu sollicité, cela lui permet de se détacher des autres tenues blanches en faisant la différence sur ce genre de cocardier.
Lui-même le dit : "Je ne suis pas un mec de première partie. Je préfère me réserver pour les taureaux qui posent des problèmes pour ainsi me démarquer des autres raseteurs". Et il l’a prouvé lors de la finale à Châteaurenard : ’J’ai pris plaisir à raseter Jonas et Camarina. Ce sont deux très bons taureaux. J’ai préféré celui de Lautier car il n’accepte aucune faute, Nicolas Bovéro en a d’ailleurs fait les frais".

Son atout majeur : savoir s’adapter. Alexandre sait en effet aussi bien aborder un cocardier qu’il faut raseter de la planche que faire un raset sur un taureau qui n’a pas de placement.
2002 : le grand bain
Pour la saison 2002, nous retrouverons avec beaucoup de plaisir l’arlésien dans les grandes arènes. Les As ne l’effrayent pas outre mesure. En 2001, il n’a couru qu’une seule course au niveau supérieur, mais pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de la prestigieuse Cocarde d’Or. "Participer à cette compétition était un rêve. Je me suis trouvé bien. Même si je ne suis pas parvenu à faire de point, J’ai touché toutes les têtes". Le plus important pour lui est de poser la main sur le taureau. "Pour moi, faire un raset blanc est un manque de respect envers le cocardier".
Pour conclure notre rencontre, Alexandre a tenu à remercier son oncle, François Camarasa, qui avec son passé de raseteur, l’a initié dans des arènes et Gérald Rado, qui l’a. suivi et aiguillé depuis ses débuts. Enfin, son tourneur Daniel Martinez qui lui apporte un soutien sans faille durant la saison. Quant à ses fidèles supporters qui le suivent à toutes les courses, il leur adresse un sourire.
Hadrien le technicien
Si Hadrien Poujol porte aujourd’hui la tenue blanche, il le doit sans aucun doute à son grand-père. Ancien torero, c’est lui qui l’a initié à la Course Camarguaise et qui l’a inscrit à l’école de raseteurs d’Arles en 1998. Après deux ans d’apprentissage, il réalise la saison 2000 en protection, 2001 à l’Avenir et comme Alexandre, il sera aux As la saison prochaine.
Déçu de ne pas être premier
Hadrien ressent une légère amertume de ne pas avoir gagné le Trophée de l’Avenir. A deux reprises, au mois de mai et d’août, le gaucher occupait la première place. Mais malheureusement, il n’a pas pu la conserver : "J’ai pris du retard sur Alexandre fin août à cause d’une contracture, je n’avançais plus".
Cependant, il estime avoir réalisé "une belle saison". Son objectif étant de figurer parmi les cinq premiers, il s’est finalement hissé à la seconde place : "Je suis fier de mon palmarès, j’ai été à de multiples reprises récompensé pour mes prestations : Palme d’Argent, Trophée des Charretiers..."

Je dois confirmer
Pour la tempourada 2002, Hadrien, du haut de ses dix-huit printemps (il est né le 18 mars 1983), a décidé de jouer dans la cour des grands. ’Je pense avoir le niveau d’aller aux As. De plus, j’ai envie de voir plus loin. A l’Avenir, les moments où Je me suis le plus bardé, c’est quand j’étais confronté à de gros taureaux".
II a participé huit fois à des courses comptant pour le Trophée des As : "En semaine, quand je n’étais pas engagé, j’allais courir à Baillargues, Lansargues.."
Comme Alexandre, il garde un merveilleux souvenir de sa participation à la Cocarde d’Or : ’Je trouve que je m’en suis bien sorti ; d’autant plus que j’ai levé un gland. Courir aux côtés dés meilleurs taureaux et des meilleurs raseteurs c’est fabuleux".
Mais Hadrien reste lucide. Il sait que ce ne sera pas du tout évident de se faire une place : ’J’espère que je confirmerai" Son point fort, c’est sa technique, surtout quand il est à la tête du taureau : "C’est vrai, je ne fais pas beaucoup de rasets, mais je lève beaucoup d’attributs"
Mon modèle : David Meseguer
En piste, il travaille d’abord pour faire plaisir aux aficiouna, mais aussi pour se distinguer des autres raseteurs. "Faire régaler les spectateurs c’est primordial". Et il y parvient amplement, notamment lors de ses rasets longs où il court la main posée sur le frontal du cocardier.

"Je préfère ce style de raset car je peux m’exprimer comme je veux. J’aime aussi ces rasets où je me fais emporter, je me barde". II prend exemple sur David Meseguer :"J’essaie de faire les mêmes rasets que lui". A l’évidence, ce Saint-Gillois (mais natif de Lansargues, il y tient !) cherche à sortir du lot. "J’apprécie les cocardiers qui se tiennent à la planche ; plus le taureau est sérieux, moins il est raseté, et c’est là que je peux faire la différence" . Pour conclure, Hadrien remercie les clubs taurins qui lui ont fait confiance. Mais aussi Gérald Rado et Gérard Barbeyrac pour leurs conseils avisés.
II dédie sa saison à trois personnes tout d’abord à son ami Pierry Gibert. "L’accident qui lui est arrivé est terrible et rappelle que la Course Camarguaise est un sport, certes, mais un sport dangereux".
Une pensée va également à son grand-père : "Sans lui, Je ne serais jamais devenu raseteur. Il me suit partout et s’occupe de tout".
Enfin, à son tourneur Eric Jourdan qui est également son oncle : ’Je pense qu’il est un des meilleurs tourneurs, il me protège et J’ai besoin de lui".
Alors, duo ou duel ?
A cette interrogation, Alexandre répond sans hésiter : "duo et duel". II a ressenti les deux sentiments durant la saison. C’est un duo car en dehors du cercle rouge, Hadrien et lui sont de véritables amis. Mais c’est aussi un duel parce qu’en piste, ils se livrent
une lutte acharnée où l’un comme l’autre doit montrer qu’il est le meilleur.
Cependant, il trouve que "raseter avec lui a été formidable. Ensemble, on s’est motivé et de toutes façons, s’il avait manqué l’un des deux, nous n’aurions pas totalisé autant de points".
Même réponse pour Hadrien qui pense qu’avec Alexandre, il a formé un duo durant tout l’été. "Ce qui ne nous a pas empêché de nous tirer la bourre". De cette manière, les spectateurs ont pu assister à de beaux spectacles. "Lors des dernières courses, notre duo a tourné au duel car le nombre de points nous séparant était peu élevé".
