Les soins
Quels soins apportez vous à vos bêtes ?
Ils ont un suivi sanitaire depuis la naissance : Nous les piquons contre le tétanos, la grippe, vaccins à renouveler toutes les années. Ils sont vermifugés deux à trois fois par an pour les plus jeunes, puis deux fois l’an quand ils prennent de l’age. Maintenant, nous avons en plus l’obligation de mettre une puce d’identification sur chaque cheval. Toutes nos bêtes doivent en être pourvues. Nous la posons deux doigts en dessous du haut de l’encolure, dans le milieu du coup. Elle est posée à l’aide d’une seringue spéciale. En 2010 tous les chevaux devront en porter, les éleveurs ayant jusqu’à fin 2005 pour s’y conformer.
Combien vous coûte ces manipulations ?
C’est conséquent. la pose de la puce, par exemple...
La seringue est à usage unique, posée par le vétérinaire. Cela nous revient à soixante euros par puce.
Il y a aussi une métrite contagieuse qu’on doit faire sur les étalons, avant de les mettre sur les juments et à la fin de la saillie. Nous envoyons les prélèvements aux haras d’Uzès, qui vérifie si le cheval est sain. Ensuite seulement il nous envoie le carnet de saillie.
Comment cela se passe t’il lorsqu’il y a des problèmes sanitaires ?
Pour le Virus West Nyle les services sanitaires passent chez les éleveurs, font des prélèvements et suivant le pourcentage des cas rencontrés , ils prennent une décision.
Nous, nous n’avons pas été atteint par le West Nyle.
Ca se soigne comment ?
Ou la bête meurt ou alors c’est un traitement qui est très long. Moi j’ai vu plutôt le west nile sur des chevaux étrangers. Je n’ai pas à ma connaissance qu’un Camargue l’ait eu. Ou alors c’était une bête âgée ou faible immunitairement. Nous ici, nous n’avons pas eu de problème.
Quels soins pour les sabots ?
Comme pour n’importe quel cheval. Ici en Camargue la nature du sol est argileuse, avec un mélange de glaise et de sable. Si on travaille ici, en les faisant parer trois fois par an, cela devrait aller. On peut travailler sans fers. Le Camargue a le pied assez dur.
Par contre si on travaille sur des terrains durs, il faut ferrer les sabots. Tous les soixante jours, le maréchal vient, déferre, pare, referre.
Il faut curer les pieds souvent, pour éviter qu’un corps étranger ne blesse l’animal. Je préconise un curage régulier du pied, car un cheval qui a mal aux pieds, c’est plus un cheval. _ Pas de pied, pas de cheval. Donc, il faut un soin du pied sérieux, c’est très important. Maintenant dans certaines revues, on commence à voir qu’il ne faut plus ferrer, mais ça c’est bon pour des chevaux qui ne vont jamais au bitume.
Par contre ça fait du bien d’enlever les fers un mois ou deux
Puis un cavalier peut donner seul des soins antiseptiques en cas de problème, peut également mettre du goudron de Norvège, quand il fait humide, ce n’est pas à négliger, ce n’est pas cher et ça fait du bien au pied...
Comment le cheval vit-il son fer ?
Je ne suis pas maréchal-ferrant, mais un bon maréchal doit savoir rectifier les aplombs de l’animal. C’est le but de la ferrure. Le maréchal fait la ferrure en fonction du pied. Ensuite, il faut éviter d’entraver l’élargissement et la pousse du sabot. Le maréchal doit prévoir de la garniture de chaque côté du fer, pour que les sabots puissent s’élargir. On commence à ferrer entre 30 et 36 mois, quand on commence à monter.
A mauvais maréchal, mauvais pied... Il y a beaucoup de poseurs de fer et peu de bons maréchaux. Il faut sensibiliser les gens sur ce travail. Beaucoup montent à cheval, mais négligent de soigner les pieds des chevaux, il faut prendre conseil et surtout ne pas laisser faire n’importe quoi par n’importe qui.
J’ai vu des photos d’un cheval dont les patrons avaient laissé les mêmes fers pendant un an. Comme l’animal ne faisait rien la ferrure n’est pas tombé et le pied à continué à pousser.
C’était une horreur. Normalement, on met de la garniture c’est à dire qu’on laisse dépasser de la ferrure de chaque côté et le pied avance sur le fer. Au bout d’un temps, le fer se décroche si le pied a poussé vraiment fort, le sabot s’use et se pare seul. Mais si le fer reste accroché, le sabot avale le fer et alors la je vous dis pas le travail. Beaucoup de gens achètent un cheval juste pour le monter et l’escampent dès qu’ils ont fini leur promenade. Le plus gros souci d’un Camargue est cette étiquette de cheval rustique. Puisqu’il s’agit d’une race rustique, il n’y a rien à faire, il n’a besoin de rien. Et bien c’est une erreur.
Nous voyons pratiquement tous les jours une partie de nos chevaux. Cela fait partie de l’entretien et de la longévité d’une monture. Même si le Camargue est un cheval rustique, il s’entretient comme les autres.
Quelle méthode utilisez vous pour castrer vos chevaux ?
Les anciens faisaient avec les casseaux, les bêtes souffraient, il y avait des pertes et les chevaux se souvenaient de l’opération. On ne le fait pas aux casseaux, c’est fini. Maintenant il est endormi et il n’a pas le temps de s’apercevoir de quoi que se soit. On anesthésie le cheval, on l’aide à tomber, on le ficelle avec des entraves, on nettoie, on ouvre les bourses, on pince en dessous de la glande, on attend cinq à sept minutes, on retire la testicule, on fait les piqûres qu’il y a à faire, on lève la pince, on referme, on nettoie, on relève le cheval, on le fait marcher et c’est fini. Lorsque la castration est faite dans de bonnes conditions, par un vétérinaire compétent et soigneux, tout se passe bien. Mais il faut être très propre. Après l’opération, il y a des soins pendant une semaine. Le cheval peut de nouveau être monté sous un mois.
A quel âge intervient la castration ?
Nous le faisons à 18 mois, 2 ans, le plus tôt possible lorsque la testicule est tombée. Cela permet au cheval de ne pas s’apercevoir qu’il a été entier, de ne pas prendre le caractère de l’entier, il souffre moins, car les testicules sont moins grosses, il se remet plus vite. De plus, cela avantage sa masse. Il va gagner en carcasse et être plus costaud que si on l’avait gardé entier jusqu’à 3 ou 4 ans.
