Son rôle
Lors d’une course, une fois le quart d’heure achevé ou dès que le taureau se trouve dépourvu d’attributs, le cocardier doit réintégrer le toril. Toutefois, il arrive que certain bioù refuse et préfère rester en piste. Le manadier a alors recours au simbèu, c’est-à-dire qu’il envoie en piste ce taureau à cloche tintante pour montrer à son congénère le chemin à suivre jusqu’au toril.
En manade, son rôle est de guider sur le pays. Quand les manadiers trient, le simbèu aide également. Il est trié en premier puis lorsque les autres bêtes se détachent du troupeau, il les dirige vers le char. Dans le char, il calme le taureau, ce qui facilite l’encocardement.

Son éducation
Le simbèu apprend son métier sur le tas ; plus il travaille, mieux il intériorise son rôle. Bien souvent, le manadier envoie un ancien simbèu avec la nouvelle recrue afin que ce dernier comprenne ce qu’on lui demande.
Certains manadiers se livrent à l’attente au fer. Cette pratique consiste à éduquer le simbèu. Un ou deux gardians se placent en face du taureau, armés d’un trident. Ils le pointent droit vers le simbèu et attendent qu’il fonce dessus. Cet acte, à première vue barbare, a pour objet de montrer au simbèu qu’il faut craindre l’homme ; ainsi "il s’en méfie et obéit dès qu’il le voit" disent Lucien et Gilles Palix de la manade L’Amista.
Pour d’autres, l’attente au fer n’est pas une obligation. Ils y ont recours "uniquement si c’est nécessaire" confesse Guillaume Granchi de la manade Lafont.
Ce choix de la faire ou non dépend des qualités du bioù c’est-à-dire qu’ils peuvent "s’en servir au début pour corriger le taureau mais la pratiquer systématiquement reviendrait à dire qu’il n’est pas fait pour être simbèu" affirme Richard Gilly de la manade Bon.
Sa carrière
Chaque taureau est essayé en course. S’il ne fait pas l’affaire, une nouvelle carrière s’offre à lui celle de simbèu.
Pour le choisir, le manadier observe le troupeau et repère les bêtes qui réintègrent le toril du bouvaou sans problème, celles qui passent les portes les premières.
Il doit également répondre à certains critères. Tout d’abord, la condition sine qua non est qu’il craigne l’homme, "il doit être fuyard" édicte Pascal Mailhan.
Puis, il doit "être maniable et exécuter les ordres" déclare Patrick Riefa de la manade Guillerme.
Ensuite, "il doit être doté d’une certaine intelligence" confie René Sol de la manade Bon, "c’est-à-dire qu’il doit écouter, regarder et comprendre rapidement ce qu’on lui demande".
Cependant, "certains simbèus sont bons dans le pays mais pas dans une arène et vice versa ; en manade, il est nécessaire qu’il soit calme tandis qu’en course, il est préférable qu’il soit effrayé" avoue Patrick Laurent.
Tri à la manade Jacques Bon
Chez Jacques Bon, le simbèu est roi. La manade en possède 8. Six d’entre eux sont réunis dans un même clos prêt au travail.
Tout d’abord, les gardians pénètrent dans le clos et "poussent" les simbèus pour atteindre les cocardiers.
Le clos des taureaux se trouve en face de la manade ; par conséquent, pour y parvenir, ils doivent traverser la route. Pour ce faire, certains chevaux se tiennent sur le devant afin de montrer le chemin puis les autres se placent de sorte que les bioùs soient encadrés. Cela se fait sous la forme d’une abrivado.
Puis, une fois la route traversée, il faut aller chercher les cocardiers. Donc, deux ou trois gardians gardent les simbèus à un endroit pendant que leurs collègues trient. En terme camarguais, on dit que les simbèus "aplantent" c’est-à-dire qu’ils restent sur place et attendent leurs congénères.
Dès que les cocardiers sont triés, il faut réintégrer la manade. Le retour s’effectue tout comme l’aller, autrement dit en abrivado sur la route. A noter que l’ensemble des manoeuvres se passent au pas. Arrivé à "l’embarcadère" c’est-à-dire à l’endroit où se positionne le char pour embarquer, il faut trier le simbèu qui accompagnera en course. Le tri se réalise alors à la voix, le gardian prononce le nom du simbèu et ce dernier se détache du lot.
Lorsque le tri est terminé, les autres simbèus sont ramenés dans leurs clos, prêts pour la prochaine sortie. Le rôle du simbèu est multiple. Dans la manade Bon, il est avant tout un "collaborateur" qui donne la main aux gardians, aussi bien en piste, en pays que dans le char, il est considéré comme "un accompagnateur" chez la manade Guillierme et comme "une aide aux gardians" chez Lafont. Autant de spécificités différentes qui prouve que même si le simbèu est peu reconnu et reste bien souvent dans l’ombre aux yeux des spectateurs, il demeure tout de même sous les projecteurs dans la manade.
P.-S.
Texte et photos : Karine Roux - publié dans la Fe di Biòu - n° 40 - Octobre 2001Une remarque sur cet intéressant article, l’insigne de fonction du simbèu est ce qu’on appelle une sonnaille (pièce d’acier forgé, comme sur la photo), l’usage d’une cloche (pièce moulée) est plus rare !
Bon ! tout ça pour promouvoir la diversité du vocabulaire.
" Sonnailles des troupeaux de chevaux et de boeufs, tantôt retentissantes et sonores, tantôt diminuées " (A. Daudet). ;)
|
Partenaires FFCC
|
Le Vade Mecum
|
Plan du site
|
Espace de rédaction
|
Contacts
|
S’inscrire comme rédacteur
|
| Site officiel de la Fédération Française de la Course Camarguaise |
