Alors que les concours de manades du genre : " 7 manades-7 taureaux " sont aujourd’hui monnaie courante dans la course camarguaise, il parait intéressant de savoir dans quelles circonstances ils ont étés créés et qui en a eu l’initiative.
Pour ce faire retournons quelques années en arrière à Chateaurenard...
En cette année 1936, les membres du club taurin châteaurenardais ont quelques inquiétudes : en effet, depuis quelques temps la réussite et le succès ne sont pas au rendez-vous dans les arènes provençales. Aussi, au sein du club taurin, chacun essaie de trouver le moyen qui redonnera aux arènes de Chateaurenard le prestige qu’elles ont quelque peu perdu.
Tous s’accordent à penser qu’il faut créer quelque chose d’unique, du jamais vu si possible en course camarguaise. Et c’est Joseph Rossi, qui à été le 1er président de l’Union Taurine Chateaurenardaise, et le père du président actuel, Christian Rossi, qui en eut l’initiative.
Ce fut organisé avec le manadier Blatière, les raseteurs Beaucairois et Arlésiens de l’époque, qui décidèrent d’organiser un concours de 7 manades avec chacune le meilleur cocardier de leur élevage.
C’est ainsi que le 6 septembre 1936 eu lieu à Chateaurenard le premier concours de 7 manades de l’histoire du monde de la bouvine. Il qui porta le nom de Trident d’honneur .
La course était composée de :
Lieutenant de Robert
Maissonnié du Marquis
Vergézois de Blatière
Boucabeu de Mistral
Angora d’Aubanel
Vallabreguant de Raynaud
et en suplément : Frisé de Mistral.
L’année suivante, l’expérience fut reconduite et le 6 septembre 1937 le Club Taurin Châteaurenardais réitère cette formule du concours à 7 manades avec :
Pellegrin de Robert
Sarraïé de Delbosc
Vivarès d’Aubanel
Hérisson de Raynaud
Clan-clan du Marquis
Vauverdois de Blatière
Frisé de Mistral
Le prix à été décerné à Sarraïé.
1938, c’est à nouveau Sarraïé de Delbosc qui fut déclaré vainqueur ; après la course, on le fait ressortir pour un tour d’honneur et le raseteur Boncoeur lui fait un raset d’adieu.
Anecdote : ce jour là, Pivert (alias Justin Roubaud) tombe dans la cage de Taberno de Lescot ; il est miraculeusement sauvé par Casimir Raynaud qui le sépare du taureau. Mais Justin Roubaud a tout de même reçu 42 coups de corne !!!
Le 4ème trident d’Honneur se déroule le 3 septembre 1939 avec :
Vergésois de Blatière
Tabernero de Lescot
Clan-clan du marquis
Frisé de Thibaud
Sarraïé de Delbosc
Brun d’Aubanel
Marinero de Raynaud
La manade Mistral, entre temps, s’était installée à Saliers car vendue à Thibaud
Il va sans dire que ce concours de 7 manades remporte un grand succès au fil des années. Après s’ètre apppelé le Trident d’honneur, il s’appellera le Trident d’Or avant de prendre le nom actuel qui est la compétition du Trophée des Maraichers en 1966, nom que tous les aficionados contemporains connaissent bien puisque ce trophée fait partie des grandes compétitions taurines, et continue à faire la renommée des arènes de Chateaurenard.
P.-S.
article paru sur Bouvino N° 75 d’aout 86 Ecrit par Laurence Guibert.Sans vouloir créer de polémique,je suis obligé d’apporter quelques précisions à votre intéressant article qui présente en effet la première course de 7 taureaux appartenant à 7 manades différentes.
Ayant étudié l’histoire de la manade Laurent Mistral, j’ai suivi la carrière du Frisé, son taureau vedette et les courses auxquelles il a participé. Cetlle-ci a bien eu lieu dans le sens où vous le dites, mais ce dimanche était le 6 septembre et non le 5.(le dimanche 20/09 d"ailleurs, Le Fisé sortait à Cabannes).
Le Lieutenant de Robert remplaçait Le Capouchin annoncé mais malade.
Le président du Club Taurin était M.Marchat, M.Rossi, vice-président, devint le 1er président de l’Union Taurine plus tard.
A la capelado défilèrent : Boncoeur, Rey, Garonne, Hugues, Merlusse, Blanchet, Placide,Granito,Margaillan, Méry, Michel et Daurat qui se partagèrent les 4800F de primes distribuées. Les meilleurs furent les trois premiers cités. Le Frisé qui faisait son entrée dans "la cour des grands" ce jour-là ne céda que sa cocarde (270F) à Daurat (article de Raoul Fabre dans Le Toril du 19 septembre 36).
Le 3 septembre 39 fut le jour de la déclaration de guerre : des témoins oculaires m’ont affirmé que la course n’avait pas eu lieu, ça se comprend. Par contre les journaux n’en disent rien et d’autres personnes affirment le contraire. Je penche tout de même pour le premier cas qui est plus plausible en ces circonstances. Loin de moi l’idée de vous contrarier, mais je pense qu’il faut être respectueux envers l’histoire.
Salutations d’un afeciouna.
"Salutations d’un afeciouna."
afeciouna , certes,mais averti !
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