
Propos recueillis par Karine ROUX. Cette interview a été publié dans le numéro de février 2004 de la Fe di Biòu.
Karine Roux : En quelle année a été créée l’association ?
Luc Jeanjean : L’Association des Raseteurs a été enregistrée en préfecture de Nîmes sous le numéro 6644 en 1966 à l’initiative du raseteur Francis San Juan.
Divers présidents se sont succédés : Antoine Giniez, Jean Sicard, Gérard Barbeyrac (1989 à 1996), Bernard Fesquet (1981 à 1989) et Patrick Fougère (1996 à 2003).
K. R. : Depuis quand êtes-vous président de l’association ?
L. J. : Lors de l’Assemblée Générale, deux candidats se sont présentés : Christian Garrido et moi-même. Nos idées se rejoignant, nous avons très vite trouvé un terrain d’entente, et il a été décidé que je serais Président et lui Vice-Président.
K. R. : Quelles ont été vos motivations pour vous présenter ?
L. J. : Certains raseteurs et tourneurs sont venus me trouver et m’ont suggéré de briguer ce poste. Je n’ai pas accepté tout de suite, mais la demande se faisant de plus en plus pressante, j’ai envisagé cette éventualité.
C’est une place qui demande beaucoup d’investissement, de disponibilité et une certaine expérience du milieu taurin. Je voulais que tout se passe dans la transparence, j’ai donc rencontré P. Fougère, qui pour des raisons personnelles ne comptait pas se représenter. J’ai envoyé un questionnaire à tous les raseteurs et tourneurs. Ce « sondage d’opinion » comportait une vingtaine de questions ; le but étant de savoir dans quelle direction la majorité des raseteurs voulait aller.
K. R. : Combien de personnes compte l’association ?
L. J. : Le président de l’association est le représentant et surtout le porte-parole de son conseil d’administration qui lui même représente l’ensemble des adhérents de l’Association des Raseteurs. Le Président ne prend jamais les décisions seul.
Christian Garrido et moi-même avons opté pour un conseil d’administration large et représentatif de toutes les catégories de raseteurs et tourneurs. A savoir, cinq ou six représentants de chaque catégorie : Elite 1 (As), Elite 2 (Raseteurs), Espoir (Avenir) et Tourneurs. Ce qui fait 25 membres dans le conseil d’administration.
K. R. : Comment se passe la prise de décision ?
L. J. : Je prépare une réunion bien à l’avance en essayant de la cadrer au maximum pour éviter les pertes de temps dans des discussions inutiles. J’expose le sujet, il y a un débat contradictoire où chacun exprime son point de vue. Ensuite, la question est approuvée (ou désapprouvée) par un vote à main levée.
Jusqu’à présent, nous avons fait deux réunions, le 18 décembre et 5 janvier, avec tout le conseil d’administration : un très bon travail a été accompli. Sinon, le bureau a été convoqué à deux reprises à des réunions avec les manadiers, les organisateurs et la fédération.
K. R. : Quels sont les objectifs à atteindre ?
L. J. : Nous travaillons sur quatre pôles essentiels.
- Nous voulons insérer des arbitres dans la contre-piste afin d’éviter les litiges habituels concernant les ficelles (tant du côté raseteur que du côté manadier : encocardement).
- Nous voulons simplifier les procédures pour la limitation des raseteurs en piste (le fameux 70%). Mais, pour ce cas, il faut que nous rencontrions la fédération avec les manadiers et les organisateurs.
- Nous désirons créer des courses « de transition » entre les protections et l’avenir. Nous avons diverses propositions à faire. Rien n’a été retenu pour le moment.
- Et enfin, nous exigerons beaucoup plus au niveau de l’hygiène et de la sécurité.
K. R. : Parlez-nous de ces arbitres ?
L. J. : Actuellement, l’arbitre d’une Course Camarguaise est le président de course, sachant que le délégué, comme dans toutes les disciplines sportives, est là pour constater et relever les faits sur la feuille de course.
Pour faciliter le travail du président de course, nous souhaitons adjoindre des arbitres de barrière, dotés de moyens de communication modernes. Un arbitrage à trois ou quatre personnes :
- Pour régler les litiges chez les raseteurs et tourneurs (attributs, anti-jeu, comportement déplacé...)
- Régler une fois pour toutes le problème de l’encocardement, trop souvent source de problèmes
- Et gérer les problèmes que peuvent occasionner tous les autres licenciés participant à une course (gardians, président de course ...)
Nous ne voulons surtout plus prendre les gens sur les gradins en otage. Le public doit être laissé en dehors de ces problèmes raseteurs-raseteurs ou raseteurs-manadiers.
C’est un vaste projet qui ne se fera pas en un jour. 2004 sera une année pilote. Nous nous sommes donnés trois ans pour tout mettre en place, sachant que nous voulons commencer par l’Elite1 et notamment les grands rendez-vous.
K. R. : Qu’envisagez-vous de faire pour l’hygiène et la sécurité ?
L. J. : Des raseteurs et des tourneurs nous ont rapporté oralement, ou parfois par les feuilles de course, des problèmes relatifs à l’hygiène et à la sécurité : locaux insalubres, douches froides à répétition, barrière en mauvais état, marchepieds pourris, hauteur sous les marchepieds insuffisante, armoires pharmaceutiques vides ou incomplètes ou pire encore, pas d’infirmerie du tout...
Le règlement fédéral prévoit des obligations dans ce domaine (pages 42 à 45 : articles 60, 62, 77). Nous allons insister auprès de nos adhérents pour qu’ils consignent ce genre de problèmes sur les feuilles de course. En accord avec le responsable des délégués (puisque c’est lui qui vérifie les feuilles de course), ce dernier reportera toute infraction sur le cahier d’hygiène et de sécurité de l’Association des Raseteurs.
Nos trois membres responsables de l’hygiène et de la sécurité au sein de notre association : D. Martinez, J. Dumas et F. Curtil s’occuperont de ces problèmes. D’après leur rapport, l’Association des Raseteurs demandera à la F.F.C.C. de prendre les mesures qui s’imposent.
K. R. : N’y a t-il pas d’autres problèmes que vous avez abordés ?
L. J. : Nous avons aussi réglé pas mal de problèmes internes à notre association : tourneurs (déséquilibre, âge, changement...), les sanctions disciplinaires, le crochet, nos représentants dans les différentes commissions fédérales...
Mr Jeanjean j’aimerais connaitre votre avis sur l’état de dégénérescence avancéé de la course camarguaise
:.
Car avec le contenu de cet article, il ne devrait pas y avoir de problèmes.
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