(se) Se défendre violemment, en parlant du cheval Camargue.
Peut être pris ici comme un synonyme de boulega au sens de remuer.
Le sens propre de ce verbe étant "remuer, toucher, ébranler, émouvoir".
desbranda
desbranda
Dans La Bête du Vaccarès, Joseph d’Arbaud donne cette définition, dans les notes en fin de livre :
Se desbrandant, se défendant. Le desbrandage est une série de défenses violentes, rapides et répétées, spéciales au cheval camargue.
N’étant pas cavalier mais solexiste,
: &
: , donc en quoi cette défense est-elle propre au camargue ?
Je mets le paragraphe où le mot apparaît (p. 132, édition 2007).
« Partiguère dounc, sènso óublida mi precaucioun coustumiero e, sènso me fisa dóu biais tant soumés de ma mounturo, tau coume la vèio, prenguère moun tour en coustejant li radèu. Lou chivau, deja, s’enanavo e, de proun, mai ferme e sentiéu, tambèn, qu’emé la bouco, respoundié forço miés au quicha dóu mors. Entre-prenguère dounc, en leissant l’àplan de l’orle, de lou vira au fourni, en lou mantenènt, pèr en-cas, dins li carreiroun dóu bos li mai trafega mounte l’avans-vèio, l’aviéu rebala darrié Clar-de-Luno e veniéu, sènso entramble, de ié faire aganta lou proumié recouide, quouro, tout-d’uno, lou sentiguère entre mi geinoun que se gounflavo, se bandiguè à la subito en doublant l’esquino, la tèsto entre cambo e se desbrandant coume disèn nautre, tant rede qu’es pas de dire, tout en endihant dóu mourbin. Aviéu groupa tant-lèu lou davans de la sello, jincant soulamen de me manteni, en sachènt que trop ço que m’esperavo se me leissave encaro escampa, mai sentiéu li saut que se respoundien l’un emé l’autre, tant precipita e tant viéu, que m’enanave coume s’un endoulible m’empourtèsse e sentiéu veni lou moumen que poudriéu rèn mai faire que d’envessa. »
La traduction de J. d’Arbaud (une traduction est une interprétation, ici on perd un peu du dynamisme de la scène, NdB).
« Je partis donc sans négliger mes habituelles précautions et sans me fier à l’apparente soumission de ma monture et, comme la veille, commençai ma promenade en lisière des radeaux. Le cheval s’en allait, déjà, d’un pas sensiblement plus affermi, et je sentais aussi sa bouche mieux répondre aux pressions du mors. J’entrepris donc, quittant la bordure découverte, de le gouverner dans le fourré, en le maintenant , par prudence, dans les passages du bois les mieux frayés où je l’avais guidé l’avant-veille à la suite de Clair-de-Lune, et je venais, sans encombre, de lui faire prendre le premier tournant, lorsque, tout à coup, je le sentis se gonfler sous moi, se détendre brusquement, les reins arqués et la tête entre les pattes, se desbrandant, comme nous disons dans notre métier, avec une brutalité incroyable, en poussant en même temps des hennissements de fureur. Je m’étais cramponné au troussequin de ma selle, désireux avant tout de me maintenir, sachant trop ce qu’il adviendrait si je me laissais, une fois encore, démonter, mais je sentais les sauts se succéder avec tant de précipitation et de rudesse, que je m’en allais comme si j’eusse été emporté dans une houle et je sentais venir l’instant où je ne pourrais faire autre chose que de chavirer. »
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